la serva amorosa

  • LA SERVA AMOROSA

     

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    Venise,  25 février 1707  naît  Carlo Goldoni qui allait drôlement faire parler de lui comme étant un grand écrivain et un magnifique dramaturge.

     

    Tout jeune, son bon naturel s'épanouit dans une maison bourgeoise de Venise, au milieu d'une grande famille heureuse et joyeuse : avec un grand-père qui fait donner des spectacles et des opéras à la maison, un père qui l'amuse avec un petit théâtre de marionnettes qu' il avait fabriqué lui-même.

    Le théâtre commence à entrer chez Carlo.

    Ainsi à 9 ans,  il part au collège à Pérouse où il va   écrire  et jouer sa première pièce.


     

    Il poursuit ses études dans différentes villes d'Italie, à cause des déplacements de son père médecin, mais aussi et surtout au gré des ses fantaisies de jeune homme passionné de spectacles et de comédies.

     

    A Rimini, au lieu des Barbara, des Baralipton, des enthymèmes qui lui rompaient la tête, il se délectait à la lecture d'Aristophane, Plaute et Térence.

     

    Et il n'hésite pas à suivre une troupe de théâtre dont les jeunes comédiennes le persuadent de faire le voyage de Rimini à Chioggia

     

    « Avec nous, dans notre barque, on joue, on rit, on chante, on s’amuse. »

     

    Trois jours de voyage… à 14 ans, Goldoni vit une étonnante symbiose du théâtre et des joies de la vie qu’il n’oubliera jamais…

     

    Goldoni va présenter sa première  œuvre, une tragédie : « Amasunta » qui n’obtiendra qu’un petit succès.

    Mais il persévérera et  deviendra une star de la littérature théâtrale avec plus de 200 pièces à son actif.

    Parmi ses œuvres : LA SERVA AMOROSA » ,  jouée actuellement au Théâtre Le Public et mise en scène par Pietro Pizzuti , dramaturge, adaptateur d’œuvres italiennes en langue française, metteur en scène , professeur , acteur, un artiste talentueux que nous avons l’opportunité d’applaudir dans la plupart de nos  théâtres  belges. 

     

    Amusons-nous :

    Une dame plus toute jeune (Béatrice) , mariée en secondes noces avec un vieil homme manipulable  (Ottavio)- capable de tout pour couronner son mariage d’un testament en faveur de son benêt de fils (Lelio)...

     

    Ce n’est pas tout ! Il faut ajouter ensuite à ce bon époux un héritier légitime d’un premier lit (Florindo), épris de la ravissante fille (Rosaura) de son vieil ami ( Pantalone)...

    Ce n’est pas tout !

     

    Pietro Pizzuti (metteur en scène) : On peut maintenant entrevoir la machine de guerre qui se met en route pour servir les desseins des personnages  et pour la succession des stratagèmes, des rebondissements , des quiproquos et conjectures qui mèneront la fable à se terminer joyeusement car on peut compter  sur l’inouïe Corallina, la plus adroite et loyale des servantes de chair et d’os, l’esprit affuté, qui fera triompher l’amour !

     

    Pietro Pizzuti a dirigé avec exaltation  et intelligence  neuf comédiens qui vont se démener à fond pour mener à bien cet imbroglio théâtral !

     

    Pierre Havrenne (chroniqueur) : Peut-on encore monter Goldoni au 21e siècle ?

    Le Public nous en offre une réponse positive à plus d'un titre.

    Et pourtant, ce n'était pas gagné. A dire vrai, on craignait que cette "serva" soit plus "dolorosa" qu' "amorosa".

    D'une part, les thèmes paraissent éculés: le vieillard manipulé par une femme cupide, les mariages arrangés de naïfs (et purs) jeunes gens, la servante dégourdie et finaude. Tout cela a été exploité à l'envi par les auteurs des 17e et 18e siècle, parmi lesquels Molière dont l'auteur italien admet s'être inspiré.

    Par ailleurs, la comedia dellarte avec ses exhubérances et ses effets appuyés passe mal la rampe (à priori ) auprès des nouveaux spectateurs armés de leur iPhones et plus habitués aux bouleversements scénographiques du théâtre moderne.

    Cette pièce-ci date de 1752, voici donc 260 ans.

    Il fallait donc une belle énergie pour convaincre le public, tout en évitant le piège d'une approche revisitée par les canons actuels du théâtre (engagé ou non). C'est précisément cette double voie qui emmène le spectacle au delà des espérances.

    La première partie ne peut pas complètement faire l'impasse sur l'exposition un peu ennuyeuse des personnages.

    Mais les choix de Pietro Pizzuti sont francs et questionnent à juste titre l'art dramatique en retournant la scène. Ce sont en effet les coulisses qui nous sont exposées d'emblée. Le plateau lui-même, qui paraît être un élément parmi d'autres du décor, se révèlera étonnement mobile. On vous laisse découvrir…

     

    Scénographie : Delphine Coërs

     

    Pierre Havrenne(chroniqueur) : La prestation de tous les comédiens est à saluer. Patricia Ide est très à l'aise dans le rôle de l'intriguante Béatrice et profite des costumes luxuriants de  Delphine Coërs, Héloise Mathieu et Anna Terrien. Joëlle Franco est une Coraline impeccable. 

    A n'en pas douter, c'est la mise en scène enjouée, rythmée, généreuse de Pizzutti qui permet à toute la troupe de s'exprimer au mieux.

    Elle s'appuie sans détours sur les ressorts d'un genre devenu classique et cependant restitué chaleureusement.

    Une réussite!

    On regrettera seulement l'absence de musiciens sur scène, la musique préenregistrée atténuant un peu les aspects les plus vivants du spectacle."

     

    On peut donc  parler d’un spectacle croustillant,

    mené tambour battant par neuf acteurs talentueux :

    Patricia Ide( co directrice du Théâtre Le Public),  Maroine Amimi, Grigory Collomb, Joëlle Franco, Pietro Marullo, Quentin Minon, Marvin Mariano , Flavia Papadaniel et Réal Siellez, dirigés avec fougue par le merveilleux Pietro Pizzuti.

     

    Scénographie et costumes : Delphine Coërs, Héloïse Mathieu et Anna Terrien.

     

    Ah ! La Venise du XVIII ème siècle ! Cela fait rêver !

     

    Bon amusement à Vous !

     

    LA SERVA  AMOROSA,  c’est jusqu’au deux mars, du mardi au samedi à 20h30- relâche dimanche et lundi.

     

     

    Roger Simons

     

     

     

     

     

     

     

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