LES FEUX DE LA RAMPE - Page 5

  • IMPROSPECTION (THEATRE LE PUBLIC) - UN MALIN PLAISIR+ DJANGO

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe" , bienvenue à Vous.

    En scène :

    BERNARD COGNIAUX

    JEAN-MARC CUVELIER

    ET

    MARIE-PAULE KUMPS

        Improspection - 4 - (c) Saskia Vanderstichele.jpg

    Ils sont fous, ils sont drôles, ils sont inimitables, imprévisibles, et pour cause : ils ont l’imagination bouillonnante et regorgent d’idées de rebondissements en tout genre ! Chaque soir, les comédiens jouent en improvisation totale sur le terrain (très) glissant des sujets de société ... Mais entre nous, si on sait rire de soi, alors on peut rire de tout, non ?! Vraiment ... de tout ? Où est la frontière du politiquement correct ? La limite entre ce qui est drôle, provocant, insolent, impertinent, irrévérencieux, choquant déplacé ?

    Nous retrouvons avec bonheur Bernard et Marie-Paule que nous venions d'applaudir il y a quelques semaines, au Théâtre Royal des Galeries dans la pièce " La porte d'à côté". Enorme succès.

    Et les revoici tous deux, accompagnés par Jean-Marc Cuvelier.

    Un trio formidable.

    Des plus heureux, ils nous expliquent leurs engagements au Théâtre Le Public .Un bonheur !

    Eux trois : Lorsque Patricia et Michel (les co-directeurs du "Public" ) nous ont proposé trente-cinq dates dans la salle des Voûtes pour un spectacle improvisé, nous avons bien évidemment été ravis. Et quand ils nous ont précisé « Oui, mais un spectacle avec comme fil rouge Peut-on parler, rire de tout surtout en impro ? », nous avons répondu « Oui, pas de problème, on fonce, c’est un défi très excitant »

    Après quelques temps, notre franc est tombé... trente-cinq dates en sept semaines !?! C’est énorme en impro !

    Pas le temps de se ressourcer. Au taquet tous les soirs !

    À trois comédiens cinq fois par semaine ! Personne n’a jamais fait cela... Sur le terrain (très) glissant des sujets de société, des sujets brûlants...

    Comment être drôle sur des sujets qui ne le sont pas ? Comment titiller, provoquer voire dépasser la frontière du politiquement correct sans pour autant être irrévérencieux ? Comment oser l’insolence, l’impertinence sans être choquant ou déplacé ? Surtout en impro...

    Extrémisme religieux, immigration, racisme, populisme, misogynie, vieillesse, maladie, handicap, capitalisme, précarité, famine, conflits, écologies, droits de l’homme, minorités, tourisme sexuel, médias...

    Nous avons lu des bouquins, des articles, des enquêtes, regardé des débats, des reportages, des films, rencontré, interrogé et écouté des personnes concernées, engagées ou spécialisées. Nourris de toutes ces infos, nous avons échangé, discuté, brainstormé à trois...

    Et maintenant ? Et bien, maintenant, on y va ! On ne se pose plus de question et on y va ! Allez ! Hop, hop, hop ! Sur le plateau ! Le public nous attend ! Il a des choses à nous proposer. Et nous des choses à leur raconter. On rigole...nous les acteurs et eux , les spectateurs. Car c’est bien cela tout l’enjeu : peut-on rire de tout ?

    PAUSE MUSICALE-RESPIRATION

    Les trois comédiens improvisateurs ont investis la salle des voûtes avec une joie énorme pour se lancer dans la cartographie d'un monde en mouvement.

    L'IMPROVISATION EN QUESTION

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    Théâtre Le Public : Jean-Marc Cuvelier, comment définirais-tu l’improvisation théâtrale ?

    Jean-Marc Cuvelier : Je dirais que l’improvisation théâtrale c’est à la fois l’art d’écrire, de mettreen scène et de jouer, le tout dans l’instant présent, seul ou à plusieurs.

    Quand on sait que l’écriture, la mise en scène et la comédie sont trois disciplines exigeantes, on se dit que c’est très compliqué l’impro ?

    Jean-Marc Cuvelier : En tout cas, ainsi décortiqué, on comprend mieux l’ampleur du défi. Et ce n’est jamais gagné d’avance ! Loin de là ! Sans texte écrit au préalable, sans mise en scène définie, le comédien improvisateur est livré à lui-même et se livre à son ou ses partenaires de jeu. Cela demande beaucoup de concentration, d’écoute active, de disponibilité, de précision, de confiance en soi, de confiance en l’autre. Chaque information, tant verbale que visuelle, a son importance. Tout ce qui est dit est dit, tout ce qui est fait est fait et ne pourra être effacé. C’est la géniale contrainte de l’instant présent. Avec pour espace un plateau vide, comparable à la page blanche de l’écrivain.

    Les comédiens improvisateurs construisent ensemble et spontanément une histoire avec comme matériaux leur voix, leur corps, leur imaginaire et leurs émotions.

    Pas de décor, pas ou très peu d’accessoires, pas ou très peu de costumes. Notre challenge étant de faire oublier ce plateau vide et de transporter le public tantôt dans la chapelle Sixtine au Vatican tantôt dans la jungle de Calais, une autre fois de l’embarquer sur un baleinier japonais en Antarctique ou encore sur le dos d’un chameau en plein désert malien, et pourquoi pas de l’inviter autour d’une table design dans le resto nouvellement étoilé d’un ancien candidat de « Top Chef » ou autour de la terre dans la Station spatiale internationale.

    Quelle est ou quelles sont la ou les qualités principales pour être un bon improvisateur ?

    Bernard  Cogniaux : La curiosité et l’écoute. Le comédien improvisateur a besoin de nourriture pour écrire et construire ses histoires. Il doit stimuler son imaginaire de mille et une choses, situations, événements, ambiances, atmosphères, sensations, lieux, personnages, humeurs, émotions... Il est curieux de tout et d’un rien.

    Curieux d’un homme et d’une femme silencieux sous un abribus dans la bruine matinale, curieux d’un attroupement autour d’un vendeur de casseroles sur un marché provençal, curieux d’une silhouette aperçue par l’entrebâillement d’une fenêtre du rez-de-chaussée, d’une maisonnette sur la place d’un village ardennais, curieux d’un reportage d’investigation sur la diplomatie onusienne durant les six mois qui ont précédé la chute d’Alep..56

    À l’écoute d’un monde en mouvement, à l’écoute d’un souffle, d’une respiration, d’un son, d’un bruit, d’un mot, d’un rire, d’un pleur, à l’écoute d’une envie, d’un doute, d’une révolte, à l’écoute d’un rythme, d’une musique, d’une mélodie, à l’écoute d’un silence... Et sur le plateau, à l’écoute de soi, de son ou de ses partenaires, à l’écoute de l’espace, du déplacement, à l’écoute du lâcher prise et de la disponibilité, dans l’idée de ne rien gaspiller, de tout utiliser, de ne rien refuser, de tout accepter.

    Théâtre Le Public : Jean-Marc, tu improvises régulièrement et depuis de nombreuses années avec Marie-Paule et Bernard, c’est important de bien se connaître pour bien improviser ?

    Jean-Marc Cuvelier : Oui, ça aide. Nous connaissons nos forces et nos faiblesses, nous nous appuyons sur nos différences qui sont devenues complémentaires. Avec Marie-Paule et Bernard, nous avons en commun un goût certain pour les impros bien écrites, bien construites. Mais aussi un certain goût du risque, histoire de ne pas nous installer et de continuer à nous surprendre. Nous n’hésitons pas à nous aventurer en terre inconnue, la preuve avec le projet « Improspection ». Et si l’un d’entre nous se perd, il sait que les deux autres ne l’abandonneront pas. Quoique... une fois Bernard...

    Ceci dit, cela fait 33 ans que j’improvise en formule match d’impro ou en spectacle d’impro en Belgique, en France, au Québec, en Roumanie, à l’Ile de la Réunion, au Bénin, au Maroc et je garde à l’esprit l’agréable souvenir de grandes improvisations avec des comédiennes et comédiens que je ne connaissais pas, que je découvrais depuis quelques jours, voire quelques heures. Et ces impros étaient toujours le fruit d’une rencontre instantanée avec des curieux à l’écoute !

    PAUSE MUSICALE-RESPIRATION

     

     IMPROSPECTION

     Improspection - 2 - (c) Saskia Vanderstichele.jpg

    Ne tardez pas à vous rendre au Théâtre Le Public pour passer une soirée des plus amusante, tout en découvrant beaucoup de choses de la vie à travers rigolo du spectacle.

    Les spectateurs jouent avec les acteurs.

    Les acteurs jouent avec les spectateurs.

    Quasiment deux heures de folie !

    Ils sont excellents tous les trois, d'une vitalité incroyable.

    En fait, ils proposent un sujet au public. Celui-ci y adhère et tous trois se réunissent pendant quelques instants pour mettre au point l'impro qui va suivre.

    IMPROSPECTION

    Lorsque vous irez voir le spectacle, ne manquez pas de vous procurer le programme que je viens de vous détailler en vrac.

    D'autres pages vous permettront d'y découvrir la carrière de ces trois fabuleux artistes, lire les questions-réponses comme par exemple " Qu'est-ce que l'insolence ?", le jeu de la découverte des mots comme " nonsense", etc.

    Dans l'immédiat, j'accorde mille mercis et compliments à nos trois artistes.

    GENERIQUE

    Lumière : Maximilien Westerlinck

    Régie : Louis-Philippe Duquesne

    Stagiaires régie : Gaël Genette et Dorian Franken-Roche

    Production Théâtre Le Public.

    Avec bien entendu :

    BERNARD COGNIAUX

    JEAN-MARC CUVELIER

    ET

    MARIE-PAULE KUMPS

     Improspection - 1 - (c) Saskia Vanderstichele.jpg

     IMPROSPECTION

    Jusqu'au 24/06/17

    THEATRE LE PUBLIC

    Rue Braemt 74 - 1210 Bruxelles

    Infos Réservations : 0800/944.44

     

    Amis de l'émission/blog "Les Feux de la Rampe", merci de votre présence au blog"

    Notre moment de séparation : Le film d'Etienne Comar " DJANGO" . Une intéressante évocation du génial guitariste Django Reinhardt pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Ce film sera présent au Festival de Cannes.

    On retrouve la musique de Django en cours de projection interprétée par "The Rosenberg Trio".

    Avec Cécile de France.

    Bonne vision.

    A tout bientôt !

    Roger Simons

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • LES CONSOLANTES - FRANCOIS EMMANUEL - (THEATRE POEME 2)

     

    LES CONSOLANTES-FRANCOIS EMMANUEL (THEATRE POEME 2 )

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe", bienvenue au blog pour une pièce poignante.

    Une oeuvre théâtrale émouvante !

    Un texte d'une grande sensibilité !

    Quatre comédiennes supérieures !

    SYNOPSIS

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    La nuit dans une chambre d’asile, trois femmes, Mo, Nin et Percie, sont en présence d’une nouvelle venue. Cette compagne endormie, Madame, est dépositaire d’un secret qui excite leur curiosité.

    Du fait de leur longue réclusion, leur « malajustement » au monde, chacune de ces femmes est habitée par un univers et une langue qui lui est propre. Langue précieuse et joueuse chez Percie, langue boiteuse chez Mo, langue absentée et incantatoire chez Nin.

    INSERE

    « Moi je dis : toutes les femmes.

    Elles marchent avec leur secret, elles sont grandes, elles sont petites, elles marchent en compagnie. Quand le sang vient de l’une, l’autre le lui prend, quand le sang coule de l’une, l’autre le lui boit. Moi je dis. Quand le geste terrible tombe elles viennent contre la muraille et on les entend parler jusqu’au fond de la nuit. Il y en a aussi qui portent une petite dans le ventre et elles viennent accoucher tout doucement au pied de la muraille. » (Mo)

    L'ACTION

    La pièce se déroule comme un cérémonial sorcier scandé plusieurs fois par le passage du veilleur qui force les femmes à se recoucher. C’est un théâtre de l’approche d’abord, un jeu intrusif et fouineur dans les affaires de Madame avant que survienne par à-coups la révélation. Viendra ensuite la tentative d’absorber, intégrer, conjurer, exorciser.

    Car Madame a commis un acte terrible, lequel ne peut que susciter l’incompréhension et la frayeur. La révélation de cet acte va résonner en chacune des femmes selon ce qu’elles sont, ce qu’elles ont vécu, leur accroche fragile à la vie et au monde.

    INSERE

    « Je suis la femme lacustre. Dit. Je suis la femme sans tête. Dit. Je suis la femme de l’orage. Dit. Je suis la femme qui traverse l’eau. Dit. Je suis la dépleuplée.

    (un temps) Docteur ? » (Nin)

     LES CONSOLANTES

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     Un poème émotionnel , remarquablement interprété par ces quatre comédiennes .

    Les mots miroitent et jouent de faux-semblants chez Percie. Chez Nin ils chantent et cherchent une échappée. Avec leur rugosité, leur bizarrerie, ils vont chez Mo à l’assaut d’une vérité introuvable. Les corps eux reçoivent de plein fouet la violence de la révélation et vont tenter de s’en délivrer par une danse de conjuration.

    INSERE

    La question est de savoir où , et qui , quand et peut-être quoi, est une immense question, ponctue en écho le docteur Gottschelling, sphinx et psychanalyste a ses heures. Puis , un grand silence plane (Percie)

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     PROPOS INTENTIONNEL

    " Les Consolantes" est une pièce sur la sororité des réprouvées, des exclues, des folles, et plus largement sur le lien qui unit entre elles toutes les femmes, au-delà des singularités de langage, de comportement, et même grâce à cette note fêlée, fragile, qui laisse à nu leur humanité.

    INSERE

    « Je suis la femme lacustre. Dit. Je suis la femme sans tête. Dit. Je suis la femme de l’orage. Dit. Je suis la femme qui traverse l’eau. Dit. Je suis la dépleuplée.

    (un temps) Docteur ? » (Nin)

     Un spectacle rare présenté avec discrétion et sensibilité.

    Un spectacle d'une grande vérité et pour le texte et pour l'interprétation.

    On oublie les quatre comédiennes, on voit quatre femmes vivant dans cet asile perdu.

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    LE THEATRE ...ICI...S'AFFIRME COMME THEATRE...

    Nin, Mo et Percie jouent à être Madame et le Docteur Gottschelling, à adopter les discours de l’opinion publique ou de la compassion pure. Mais elles n’incarnent en définitive qu’elles-mêmes, un rythme propre, une singularité. Et chaque rythme, chaque singularité d’aborder par la bande la raison qui a provoqué l’internement de Madame. Un infanticide, un « geste terrible » venu de nulle part, une lame de fond imprévisible qui a brutalement interrompu le cours d’une vie.

    FRANCOIS EMMANUEL, L'auteur

    Son théâtre est habité avant tout par la question de la langue.

    PASCAL CROCHET, Le metteur en scène

    Comme metteur en scène, il travaille d’abord sur le répertoire contemporain puis s’oriente vers la recherche de formes plus singulières et personnelles.

    ISABELLE WERY

    actrice, metteure scène et chanteuse,   formée à l'Insas

    LEONE FRANCOIS,

    comédienne et metteure en scène formée à l'Institut des Arts de Diffusion à Louvain-la-Neuve

    GWEN BERROU

    Prix du Théâtre du " Meilleur Seul en scène " en 201, comédienne pour le théâtre et le cinéma, et chanteuse rock- folk

    FABIENNE CROMMELYNCK

    comédienne formée au Conservatoire de Bruxelles , membre fondatrice de " L'Ymagier" , lectrice à la RTBF Radio , travaille au Poème 2

    Un solide quatuor.

    « Madame vient d’entrer à l’asile », annonce la quatrième de couverture du livre. Les planches du théâtre sont moins explicites : Madame ne parle pas ; Madame ne peut pas parler ; ses voisines de lit parleront pour elle, pour les absents, pour tous les absents. « C’est l’argument du spectacle ».

    Ici, le théâtre s’affirme comme théâtre : Nin, Mo et Percie jouent à être Madame et le Docteur Gottschelling, à adopter les discours de l’opinion publique ou de la compassion pure. Mais elles n’incarnent en définitive qu’elles-mêmes, un rythme propre, une singularité. Et chaque rythme, chaque singularité d’aborder par la bande la raison qui a provoqué l’internement de Madame. Un infanticide, un « geste terrible »y a une langje il venu de nulle part, une lame de fond imprévisible qui a brutalement interrompu le cours d’une vie.

    FRANÇOIS EMMANUEL : J'essaie de proposer des objets théâtraux où il y a une langue particulière , un peu brisée ,bizarre, fêlée.

    LES CONSOLANTES

    Un huis-clos !

    GENERIQUE

    Texte et conception scénique : François Emmanuel

    Aide au jeu et au mouvement : Pascal Crochet

    Avec Isabelle Wéry, Gwen Berrou, Léone François et Fabienne Crommelynck

    Assistance à la mise en scène : Fabienne Crommelynck Création sonore : Marc Doutrepont avec la voix d’Emanuela Lodato

    Lumière : Florence Richar

    Création du décor : Benoît Francar Costumes : Marie Desbarax

    Régie : Benoît Francart

    Une production du Poème 2

    Texte édité chez Actes Sud-Papiers

    LES CONSOLANTES/CREATION

    Jusqu'au 21 mai 2017

    THEATRE POEME 2

    Rue d'Ecosse 30 - 1060 Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 538 63 58

    (représentations du jeudi au dimanche)

     

    Notre moment de séparation : Rendez-vous sur LA TROIS/RTBF pour vivre et suivre le Concours Reine Elisabeth consacré cette année au violoncelle.

    Cela commence avec les Demi- finales ce lundi 15/05 à 19h55

    Pour le plaisir , avant le Concours Reine Elisabeth , quelques instants avec deux violoncellistes.

    A tout bientô!

    Roger Simons

      

     

     

     

     

     

     

     

     

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