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  • HUMAN BRUSH (THEATRE DE LA BALSAMINE) + CALOGERO+" Blue Velvet" &"L'Attentat" ( flms)

     

    HUMAN BRUSH

     

    Dernier spectacle des plus intéressants du festival «  Nos petites madeleines ».

    Une performance de danse avec dessin et musique improvisée dans l’Amphithéâtre de la Balsamine.

     

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    Depuis 2008, le « street » artiste Vincent Glowinski travaille avec l’artiste des médias , Jean-François Roversi , à une transposition performative de ses fresques  de rue.

    Dans «  HUMAN  BRUSH » , l’empreinte du corps de Vincent Glowinski induit les formes représentées.

    Il évolue sur une grande surface sombre, dans la pénombre totale.

    Il est intégralement peint de blanc et faiblement éclairé par des « lumières noires »

    Filmés du dessus de l’Amphithéâtre , ses déplacements et les nombreuses figures qu’il exécute au sol , véritable ballet, sont capturés par une caméra et traités en temps réel par un logiciel afin de les fixer sur un écran de projection.

    En direct, des formes apparaissent peu à peu. C’est l’image de sa trace au sol, accumulée au cours du temps.

    La silhouette du corps en vue zénithale devient  un outil calligraphique mobile et complexe.

    Le dispositif est comparable à une surface sensible photographique dont on assisterait au développement instantané, au fur et à mesure de son exposition à la lumière.

    C’est une expérience tout à fait passionnante de visualisation de l’image latente photographique au cours de sa formation.

     

    UNE SCIENCE D’UNE GRANDE MODERNITE...

    Une marche droite et saccadée dessine une colonne vertébrale, un déplacement en spirale laisse apparaître le motif d’un fossile d’ammonite, les mouvements rapides déposent une trace vaporeuse qui se renforce par passes successives.

     Parfois le dessin à réaliser agit comme un véritable chorégraphe et imprime son rythme au corps, séquence le mouvement, le ponctue. D’autres fois,  un mouvement libre et sans intention figurative engendre toute une population de structures visuelles , des plus étrangement familières aux plus abstraites.

     

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    La trace, vestige fugace du temps de la danse et de sa dynamique , se perpétue et étire l’instantané.

    Ainsi sont explorés des univers graphiques variés dont les composantes évoquent tour à tour l’imagerie scientifique , des figures mythologiques , des motifs aux confins des échelles de grandeurs, de l’infiniment petit vers les grands espaces insondables du cosmos...une génération d’images mentales fortes.

    Genèse cosmique, émergence et évolution du vivant , mécanismes cellulaires et de morphologies animales obsédantes d’araignée , de serpent , de méduse ou fossile d’ammonite , ou encore des forêts originelles et autres fleurs.

    Un travail tout à fait extraordinaire !

    Une superbe découverte d’un travail scientifique doté d’une  poésie  exaltante, enrichissante.

    Une poésie autour des thèmes de naissance, de mort et de cycle.

    Une formidable invitation au rêve pendant une quarantaine de minutes.

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    La grande salle de l’Amphithéâtre était comble  soir.

    Un public de toute génération venu pour découvrir ce que l’on ne voit jamais  au théâtre. Une population principalement jeune , enthousiaste , comme ce jeune enfant  , tout à côté de moi, qui suivait tous les mouvements réalisés sur la grande toile du fond avec une attention soutenue , un petit garçon qui a chaudement applaudi le danseur et l’équipe de cette superbe réalisation.

     

     

     

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    Dessin et danse : Vincent Glowinski

    Video : Jean-François Roversi

    Musique électronique : Tzii

    Ce spectacle pas comme les autres va partir en tournée : le 10 décembre à 20h   - Maison des Cultures – Bruxelles. Et ensuite dans plusieurs régions e notru pays.

    A suivre avec intérêt  !

     

     On peut se poser la question suivante : «  Pourquoi HUMAN BRUSH » à la Balsa ?

    Parce que dans cette seule proposition  l’artiste concentre toutes les pratiques qui fondent le théâtre contemporain...

     Parce que nom d’un petit Bonom , on est curieux de découvrir ces étranges araignées , ce singe boiteux , enfin tout ce bestiaire merveilleux qu’il transporte depuis toujours avec lui...

    Et puis aussi , parce que ce Théâtre Balsamine de l’Avenue Félix Marchal à Schaerbeek/Bruxelles fonctionne toujours, et avec efficacité, pour la découverte  de  spectacles de conceptions  nouvelles. Et ce festival qui vient de se terminer  le confirme bien.

     Bravo à tous  et plus particulièrement aujourd’hui à Vincent Glowinski , l’artiste qui a multiplié les œuvres murales dans la ville ainsi que l’entrecroisement agité d’arbres et de plantes dans l’enceinte du bâtiment du Botanique...

     Bravo à Jean-François Roversi, photographe et technicien de formation, qui travaille depuis 10 ans en tant que directeur technique d’un laboratoire professionnel à Paris et enseignant en traitement d’image et colorimétrie sans compter toutes ses autres activités dans le domaine du traitement video en temps réel , des capteurs et actionneurs électroniques  , ses intérêts pour la chimie , les feux d’artifice  , la création 3D et...et..encore beaucoup d’autres passions


     

     J’aime le théâtre littéraire.

     J’aime le théâtre comique.

     J’aime les grands auteurs.

     Mais j’aime aussi  découvrir le monde d’un théâtre nouveau dans ses recherches, l’élaboration d’un futur , le théâtre quelque peu scientifique qui est sans doute celui dans un avenir proche.

    Quel enrichissement !  Quelle passion ! Quelle énergie ! Ce qui ne m’empêche pas d’aimer Shakespeare, Molière , Giraudoux, Feydeau, Guitry, Camus, Cocteau, Brecht  et combien d’autres !

     

    DU COTE CINE...D’HIER

    Ce lundi : deux superbes films à la Cinémathèque   de Belgique.

     Le film  de David Lynch «  BLUE VELVET »(1986)

     

    Syno : Irrésistiblement attiré par l’interdit , un adolescent vivant dans une petite ville américaine , devient l’amant d’une chanteuse de cabaret persécutée par un chef de bande pervers. »

    Un film curieux où l’on voit ce jeune homme découvrir une oreille humaine dans un champ , une oreille en décomposition recouverte d’insectes.

     Une histoire macabre avec un certain mystère . Jeffrey , c’est son nom,  va plonger dans un milieu étrange et sordide où évoluent entre autres une chanteuse de cabaret  des plus accrocheuses, Dorothy Vallens.

    Ces deux personnages sont interprétés par la troublante Isabella Rossellini et Kyle MacLachlan.

    Un film aux multiples récompenses.

     

     

    Un film français dont on a beaucoup parlé lors de sa sortie en 1972 :   "L’ATTENTAT"  réalisé par Yves Boisset.

     

    Syno : Un leader progressiste , membre de l’opposition dans un pays du  Maghreb , est forcé de trouver refuge en Suisse quand plusieurs pays envoient des agents secrets  pour l’éliminer.

    Un triller politique inspiré par l’enlèvement de l’opposant marocain Ben Barka à Pris , via doubles jeux, barbouzes et CIA.

    Une fabuleuse distribution : Jean-Louis Trintignant,  Michel Piccoli, Gian Maria Volonté, Michel Bouquet , Roy Scheider et Jean Seberg

     


     

     Quel plaisir de revoir de grands films , magnifiquement entretenus par notre Cinémathèque que je remercie chaleureusement.

     

    Amis du blog, merci pour votre attention et votre fidélité.

    On se retrouve bientôt avec d’autres pièces , d’autres films , d’autres chanteurs.

    Notre moment de séparation : j’ai vu hier soir sur France 2  une excellente émission proposée par Michel Drucker, consacrée  au magnifique chanteur : Calogero.

    J’ai pensé que cela vous ferait plaisir de l’écouter un court  instant. Le voici...Je vous laisse en sa compagnie.

     A tout bientôt...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • ALICE ( ATELIER 210 ) + MICHEL GALABRU

     

    Une plongée dans les sombres abysses du Pays des Merveilles...

     

    Merveille ? Merveille ?  Horreur ! Affreux !

     

    Je plaisante : Formidable ! Etonnant !

     

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    A partir de l’œuvre célèbre de Lewis Carroll, romancier, essayiste, photographe et mathématicien britannique du 19ème siècle, l’auteur  glorifié de «  Alice au pays des merveilles ».

     

    Walt Disney a réalisé un dessin animé  sur  cette petite fille prénommée Alice.

     

     

     

    Lewis Carroll a laissé à qui souhaite la découvrir une œuvre majeure, aux degrés de lectures inépuisables.

     

    Au cœur de la terre, univers de tous les possibles, Alice part à la rencontre d’elle même, évoluant au gré de transformations avec des personnages aussi exacerbés que fantasques.

     

     

     

     

     

    Atrocement vôtre !

     

    Dans cette version de Ahmed Ayed , le producteur-réalisateur du spectacle , tous les ingrédients du conte sont là , mis disséqués, tordus , noircis par la boue d’un Pays des Merveilles obscur.

     

    Obscur, c’est peu dire !

     

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     Je laisse la parole à Ahmed, jeune réalisateur en sortie de l’IAD.

     

    Ahmed : Alice n’est plus une petite fille. Sans passé ni futur, elle porte en elle tous les âges , elle transcende la réalité et la brise en mille morceaux. Réduit à sa quintessence, le texte laisse place aux corps en mouvement et aux masques.

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    C’est à travers les images et les sensations que cette Alice fait surgir l’aliénation, la course contre le temps , la folie , la peur..

     

    Un hommage personnel  esthétiquement très prenant.

     


     

     

     

    Ahmet (metteur en scène) : Œuvre incontournable,  le récit d’Alice s’est immortalisé dans l’imaginaire collectif grâce au film d’animation de Disney en 1951. Un film qui a marqué plusieurs générations et s’est imposé comme la meilleure référence à l’œuvre originale.

     

    Cela dit, est-ce que nous connaissons l’œuvre aussi bien que nous le pensons ?  En cherchant bien, je me suis aperçu que l’œuvre reste très obscure et méconnue pour la plupart. Tout le monde a une vague idée de l’histoire d’Alice dans ses grandes lignes , et en garde des fragments d’images , comme quand on se souvient d’un rêve lointain.

     

    C’est sur ce rapport intéressant entre l’oeuvre et le public que s’est formulée ma volonté de proposer une nouvelle lecture d’Alice . Une lecture qui rend pleinement à l’oeuvre sa dimension philosophique et universelle , loin de la lecture unique que nous en avons ou que nous croyons en avoir, sans avoir peur de ce que cette lecture va révéler de cruauté et de violence.

     


     

     

    Amusant ce Johnny Deep ! Et retrouvons Alice...

     

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    Dans l’adaptation géniale  d’Ahmed Ayed, Alice n’est plus la petite bourgeoise de dix ans. Tout ce qu’on sait d’elle, c’est sa féminité .

     

    Ahmet : Et encore, elle arrive même à en douter. On ne connaît ni son passé, ni son futur. En s’éloignant du contexte victorien , Alice devient un personnage universel. Un symbole ! Elle incarne le changement incessant et le passage. Elle porte en elle tous les âges et elle s’interroge sans cesse sur qui elle est ou ce qu’elle est.

     

    Nous vivons à travers ses yeux les questionnements humains fondamentaux sur l’être, au sens philosophique du terme , sa complicité et son indétermination.

     

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    Passionnant le propos  d’Ahmed Ayed , mais je ne suis pas convaincu que le public , et j’en fais partie, saisisse au passage toutes ces intentions.

     

    On regarde la petite reine Alice qui chèche à comprendre où elle se trouve dans cette espèce de caverne complètement désaffectée. Un vrai capharnaüm que l’on soupçonne car tout se passe dans la pénombre.

     

    Les personnages apparaissent de ci de là, sortent d’une trappe  ou d’une boîte. Ils sont effrayants , agressifs , dotés chacun d’une voix étrange qui à la fois fait peur et fait rire !

     

    C’est extraordinaire le travail de recherche d’Ahmed.

     

    Il donne à faire  à ses cinq comédiens des gestuelles  acrobatiques incroyables, qui plus est dans l’obscurité.

     

    C’est plein de trouvailles ! C’est vraiment loin de Walt Disney.

     

    On est accroché à cette histoire avec ces personnages qui sortent d’endroits mystérieux, qui crient , qui emploient des mots  incompréhensibles.

     

    Le décor sonore et musical est tout à fait remarquable avec un mélange de sons et de notes sur ordinateur ou jouées en live. C’est apocalyptique ! C’est  renversant ! Et l’on s’amuse !

     

    Les cinq comédiens , en sortie,  eux aussi, de l’IAD, accomplissent avec passion et fureur leur premier travail  loin de la comédie ! Ils sont tout simplement formidables !

     

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    Une mise en scène surprenante à laquelle ont participé beaucoup de gens du métier, amis d’Ahmet Ayed.

     

    Le spectacle se joue encore ce soir et demain samedi.

     

    C’est bourré bourré, mais essayez tout de même de vous y rendre. Tout cette équipe brillante de comédiens et de techniciens sera  les 27 et 28/10 au Studio  du Palais des Beaux-Arts de Charleroi , et  le 06 novembre à la Mison de la Culture d’Ath.

     

    ALICE / LEWIS CARROLL/ AHMED AYED

     

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    ALICE  d’après l’œuvre de Lewis Carrol

     

    Assistanat à la mise en scène : Anna Galy

     

    Scénographie  et création des costumes : Ronald Beurms , Anna Galy, Ahmed Ayed , Anais Grandamy(stagiaire) , Iris Cristidi.

     

    Création musicale : Julien Lemonnier

     

    Création et régie lumière : Christophe Van Hove

     

    Production  Collectif illicium

     

    Co prodution : Atelier 210

     

    Photos : Gérard Bissot & Anna Galy

     

     

     

    AVEC

     

     Alicia Ferochisse , Jean-François Maun , Mathilde Mosseray, Baptiste Moulart , Camille Sansterre , Gaël Soudron.

     

    Bravo  les acteurs !

     

    Adaptation et mise en scène : Ahmed Ayed

     

    Bravo Ahmed.

     

    ATELIER 210

     

    Chaussée Saint-Pierre 210  -  1040  Bruxelles

     

    Infos Réservations : 02 / 732 25 90

     

    Bon plaisir !

     

    Amis du blog «  les feux de la rampe » , merci sincèrement pour votre attention à mes «  émissions/blog «  et votre fidélité.

     

    On se retrouve à tout bientôt  comme d’habitude.

     

    Notre moment de séparation : Un grand comédien qui a tourné plus de 250 films – faut le faire non ?  - et qui a fêté , il y  deux ans , le 27 octobre 2012, ses 90 ans. Toujours en scène et devant les caméras avec s bonne bouille : MICHEL GALABRU .

     

    A 23h sur la Une de la RTBF : «  Michel Galabru , l’inclassable »! Faut pas le rater !

     

    Allez ,  je vous propose un petit extrait  de l’émission de Michel Drucker lorsqu’il a reçu Michel Galabru à l’occasion  d’une nouvelle sortie  d’une oeuvre de Marcel Pagnol :   «  La femme du boulanger »

     

    A tout bientôt.

     

    Roger Simons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY ( THEATRE ROYAL DES GALERIES)

     


     

     

    Une fabuleuse idée que de  s’engager dans l’adaptation du roman d’Oscar Wilde.

     

    Il est toujours difficile de  faire vivre un texte  comme celui-ci. Fabrice Gardin et Patrice Mincke y sont magnifiquement parvenus.

     

    « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer ». (Oscar Wilde)

     

    Dorian : Quelle tristesse ! Je vais devenir vieux, horrible , alors que mon portrait restera jeune à jamais. Si seulement cela pouvait être le contraire, que je sois jeune pour toujours et que le tableau vieillisse. Je donnerais tout pour cela. Je donnerais jusqu’à mon âme.

     

     

    Dorian Gray - Damien [1600x1200].JPG

     

     

    Résumé : Dorian Gray  jeune dandy séducteur et mondain, fait ce voeu insensé devant le portrait peint par son ami  Basil Hallward : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le  visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés.

     

    Mesurant mal les conséquences  de ce pacte, Dorian Gray célèbre les joies du temps présent. Libéré  de tout obstacle, il goûte les plaisirs faciles.  Très rapidement, il est gagné par la débauche et la dépravation. Incapable d’éprouver le moindre remords, il prône la jouissance et le cynisme.

     

    Si les années passent, le visage éblouissant de Dorian Gray ne subit aucune altération. C’est son portrait, où se peint son âme noire , qui accumule les stigmates de sa perversion.

     

     

     

    LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY !

     

     

    Le portrait de Dorian Gray - ©Fabrice Gardin 089 [1600x1200].JPG

     

     

    Le chef d’œuvre d’Oscar Wilde  expose un désir universel, partagé par une grande partie de l’humanité, celui de la jeunesse infinie et de la beauté éternelle.

     

    Patrice Mincke (l’un des deux adaptateurs) : Il y a pour moi deux Wilde : le premier est un personnage impertinent , incisif, imbu de lui-même et  brillant que l’on connaît plus pour son propre personnage que pour ses œuvres. C’est le roi des aphorismes et du dandysme ; son esprit force l’admiration et sa prétention force l’antipathie.

     

    Derrière celui-là se cache un autre Wilde, peut-être prisonnier du premier. C’est celui qui donne à toutes ses pièces un dénouement « moral » , qui aime les personnages qu’il crée , qui se livre au travers de ses écrits , qui souffre de ne pouvoir vivre librement son homosexualité , qui est tiraillé entre ses enfants qu’il aime et sa vie cachée.

     

    J’avoue que le premier m’agaçait, et je ne connaissais que peu le deuxième.

     

    En travaillant avec Fabrice sur  ce roman, j’ai couvert de plus en plus le deuxième, et j’ai été touché par ses angoisses, ses paradoxes et sa vulnérabilité.

     

    Wilde dit à propos de son roman : « Basil est l’homme que je crois être, Lord Henry celui que le monde m’imagine être , et Dorian celui que j’aimerais être en d’autres temps.

     

    On peut dire qu’il s’est complètement dévoilé dans ce   « Portrait de Dorian Gray ». D’ailleurs, il fait dire à Basil :   « Tout portrait peint avec sincérité est le portrait de l’artiste et non du modèle » . C’est sans doute  ce qui  nous la rendu passionnant et attachant.

     

    RESPIRATION MUSICALE

     

     

     

     

     

    Un travail d’adaptation audacieux reprenant l’essentiel du roman de Wilde. Une extraordinaire épuration du texte écrit pour en faire un dialogue vivant, en évitant l’ennui,  le pathos trop littéraire,  en cernant de très près les personnages  complexes du roman. En  établissant  une unité théâtrale avec un texte parlant, direct.

     

    Cette pièce est un drame touchant de près au polar.

     

    Il y a crime dans cette histoire !

     

     

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    LA SCENOGRAPHIE AU PREMIER PLAN !

     

    Patrice Mincke : Nous avons travaillé  avec Thibaut de Coster et Charly Kleinermann sur une scénographie qui mette en exergue la manipulation de l’équipe sur le personnage de Dorian. En fait, il y a trois statuts de personnages : le sujet principal, Dorian, qui n’a aucun recul sur son histoire et y joue sa vie et son âme ; le réalisateur – expérimentateur , Lord Henry , qui tire les ficelles mais peut se faire prendre à son propre jeu, et  les acteurs qui les entourent , qui jouent les personnages nécessaires à l’expérience.

     

    Ces trois statuts se retrouvent dans la manière d’utiliser le décor, d’être capable d’en sortir , de pouvoir ou non rendre du recul sur les évènements.

     

    Le code que nous avons imaginé nous permet de nous affranchir du réalisme, ce qui nous permet de voyager d’un lieu ou d’une période à l’autre , de représenter avec huit comédiens autant de personnages que nous le souhaitons !

     

     

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    J’ai vu le spectacle hier soir, et je confirme à 100% le propos de Patrice Mincke.

     

    Une  véritable réussite !

     

    Une utilisation du plateau exceptionnelle. Un plateau complètement ouvert qui nous fait voir d’ailleurs  l’espace immense  de la scène, avec un retrait total de ce que l’on appelle   les coulisses. Tout est voyant ! Les  éléments de décors voyagent sans cesse sur le plateau, s’éloignent , reviennent , gagnent les cintres. Tout  apparaît et disparaît en quelques secondes. On passe du salon victorien aux bas-fonds de Londres.

     

    Les lumières jouent aussi un rôle prépondérant. On est plongé du reste , durant tout le spectacle dans une semi clarté qui crée une ambiance toute particulière, sans oublier tous ces nuages  translucides qui  voyagent d’un coin à l’autre du plateau, gagnant même légèrement la salle.

     

    Aucune convention, aucune tradition dans cette scénographie !Excellente ! Sans faille !

     

    Nous sommes bien dans le Londres  du 19 ème siècle.

     

     

    Le portrait de Dorian Gray - ©Fabrice Gardin 097 [1600x1200].JPG

    Et ces visions des lieux et  des personnages touchent de près au cinéma. Deux heures  de spectacle , interrompu par l’entracte traditionnel, dommage !

     

    MAGNIFIQUE INTERPRETATION

     

    Benoît Verhaert (l’un de nos plus brillants comédiens belges, d’un style très personnel) joue Lord Henry avec sobriété, impeccable dans ce personnage .

     

    Damien De Dobbeleer (jeune comédien que nous avons vus  dans « Le mariage de Mlle Beulemans ») est d’uneCurieux ! présence    fieffée. Il ne joue pas Dorian, il est  Dorian.

     

    Frédéric Clou joue le troisième personnage important de la pièce : Sir Basil Hallward, c’est lui qui réalise la fameuse peinture de Dorian.  Curieux !

     

    Nicolas Ossowski : James, le directeur.

     

    Marc  De Roy (pensionnaire des Galeries et d’ailleurs)  interprète - avec le talent que nous lui connaissons-  de passer facilement d’un personnage à un autre – ici :  Alan Campbell et Lord Fermor.

     

    Léone François Janssens : la ravissante Sibyl ,  comédienne amoureuse de Dorian

     

    Bernadette Mouzon :  plusieurs rôles dont  Lady Henry, épouse de Lord Hecnry ?

     

    Myriem Akheddiou : Lady Kelly

     

    Pas évidement de bien définir ces différents rôles, moins importants chez les actrices  par rapport aux acteurs.

     

    Tous ces personnages bien écrits,  bien croqués.

     

     

     

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    LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY /OSCAR WILDE

     

    Mis en scène par Patrice Mincke.

     

    Une superbe réussite.

     

    Sandrine Bonjean : Assistante

     

    Décors et costumes : Charly Kleinermann et Thibaut De Coster

     

    Décor sonore : Laurent Beumier

     

    Coordinateur technique et conception lumières : Félicien Van Kriekinge

     

    Vidéo : Allan Beurms

     

    Régie : Corentin Van Kriekinge , Vigen Oganov, Vincent Lamer

     

    Construction des décors : Stéphane Devolder , Philippe Van Nerom, Mikail Caliskan

     

    Couturière : Sarah Duvert

     

    Habilleuse : Eleonore Peltier

     

    ADAPTATION : FABRICE GARDIN  & PATRICE MINCKE

     

     

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    Une toute nouvelle adaptation du roman, bien plus vivante que les  précédentes sur différents plans : l’écriture,  les dialogues, l’interprétation , rien à voir avec la version de 1977 au Théâtre Daunou de Paris.

     

    A cette époque, le personnage de Lord  Henry était interprété magistralement par Raymond Gérome qui fut l’un des grands  comédiens du Rideau de Bruxelles.

     

    LE PORTRAIT  DE  DORIAN GRAY/ THEATRE ROYAL DES GALERIES

     

    Jusqu’au 16/11/2014

     

    Galerie du Roi   32 – 1000  Bruxelles

     

    Infos Réservations : 02 / 512 04 07

     

    «  J’ai mis tout mon génie ans ma vie e mon talent dans mon œuvre » (Oscar Wilde)

     

    Et s’écoule le temps...à partir du 03/12, le spectacle que l’on attend toujours avec impatience : « La Revue » écrite par David Michels et Bernard Lefranc.

     

    Mais en ce moment : « Le Portrait de Dorian Gray », une tragédie, comme l’a écrit l’auteur Oscar Wilde  lui-même , tout  y est : la fatalité, la peur, la honte, la mort.

     

    «  L’âme est vieille à  la naissance mais rajeunit. C’est la comédie de la vie. Le corps est jeune à la naissance et vieillit. C’est la tragédie de la vie » (Oscar Wilde)

     

    CONSEIL DE DERNIERE MINUTE

     

    Lorsque vous vous rendrez au Théâtre pour y voir cette pièce,  procurez-vous le programme, il est très intéressant et permet de mieux découvrir Wilde et le spectacle.

     

    J’ai une très forte envie de me replonger dans ce roman de Wilde.

     

    Mais je ne résiste pas  au plaisir de vous projeter un extrait du film tourné en 1945.

     


     

     

    Amis de  l’émission/blog «  les feux de la rampe », merci pour votre attention et votre fidélité. Je vous retrouve demain.

     

    Notre moment de séparation : A 22h45 sur LA DEUX/ RTBF,  un documentaire «  Dans mon cinéma » où l’on retrouve un acteur que l’on ne voit plus  guère sur grand écran : Christophe Lambert.

     

    Un petit extrait de «  Greystoke »  où il jouait le personnage de Tarzan. A tout bientôt !

     

     

    Roger Simons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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