• AMADEUS PETER SHAFFER (THEATRE ROYAL DES GALERIES)



     

    Après le triomphe de cette pièce géniale à Villers-la-Ville en août dernier , la voici à Bruxelles aux Galeries.

    J’ai vu la pièce à Villers . J’étais enthousiasmé.

    Un vrai bonheur.

    Je viens de la revoir aux Galeries . Même enthousiasme !

    Le transfert, de la grande plaine Villers la Ville, dans un théâtre « couvert » passe admirablement bien.

    Du grand spectacle ! D’une qualité supérieure !

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     AMADEUS

    Une pièce écrite par Peter Shaffer , né à Liverpool le 15 mai 1926 , décédé le 06 juin 2016 alors que sa pièce AMADEUS   était en pleine répétition À VILLERS-LA-VILLE . Il avait 90 ans !

    J’ai vu cette pièce en son temps au Théâtre Marigny à Paris le 22 janvier 1982 mise en scène par Roman Polanski et interprétée par le même Polanski dans le rôle d’Amadeus et François Périer, Salieri.

    La presse à l’époque : Roman Polanski au théâtre, c’est plutôt inattendu.

    Roman Polanski : Personne ne sait que j’ai commencé ma carrière au théâtre. Pour moi, c’est plutôt un retour aux sources.

    François Périer, qu’est-ce qui vous a décidé à jouer dans cette pièce ?

    François Périer (grand comédien français avec qui j’ai eu la chance de jouer au Théâtre Royal du Parc dans « Bobosse ») : Roman Polanski . L’idée de travailler avec lui m’enchantait ! Son interprétation était une véritable incarnation de Mozart.

     

     
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    J’ai vu également ce film réalisé par Milos Forman, avec Tom Hulce (Mozart) et F.Murray Abraham (Salieri)toujours sous le titre de " AMADEUS"

    J’ai été séduit tant au théâtre qu’au ciné!

    Un super bonheur de voir aujourd’hui cette pièce, dans dans la brillante mise en scène d’Alexis Goslain, interprétée magistralement par Didier Colfs(Salieri) et Denis Carpentier( Amadeus).

     

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     Un spectacle qui restera dans ma mémoire.

    Et vous aussi amis du blog, j’en suis persuadé.

    Même si vous l’avez vue à Villers , je vous conseille de vous rendre aux Galeries.

    Résumé

    Dans la Vienne de Joseph II en 1781, le compositeur Salieri jouit de la faveur de l’Empereur.

    C’est alors qu’un jeune prodige du nom de Wolfgang Amadeus Mozart parcourt l’Europe et fait irruption à la cour, précédé d’une flatteuse réputation mais sans grande éducation.

    Mozart est en voie de devenir le plus grand compositeur du siècle. Face à un tel génie, Salieri se sent rongé par la jalousie.

    Qu’une musique aussi belle puisse émaner d’un être aussi vulgaire apparaît à Salieri comme l’un des tours les plus cruels de Dieu, et le fait plonger dans une folie vengeresse.

    Comprenant la menace que représente le jeune Mozart, Salieri essaie de l’évincer tout en l’approchant pour savoir pourquoi il est si doué...

     

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    Le spectacle débute par la confession de Salieri qui, au seuil de la mort, se vante d’être l’assassin de Mozart.

     

     

    La pièce va faire revivre les principales étapes de la carrière du jeune génie avec entre autres la création de ses grands opéras comme  « Idoménée », « L’Enlèvement au Sérail », Les Noces de Figaro » , « Don Giovanni » ou «  La Flûte enchantée » ..

     

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    .La pièce va nous conduire profondément à l’intérieur de ces deux personnages que sont Salieri et Mozart.

    Nous, spectateurs, nageons déjà dans le bonheur. Et si nous aimons la musique de Mozart - Qui ne l’aimerait pas !- on jubile follement sur notre siège.

    On va plonger dans la cour somptueuse de Joseph II ...

    On va vivre des scènes violentes entre Salieri et Amadeus, d’autres entre Salieri et Constance (charmante épouse de Wolfgang), ou encore entre Joseph II et Mozart...

    RENCONTRES DE GRANDS COMEDIENS

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    Ils ne jouent pas leur personnage. Ils le vivent !

    Didier Colfs est ce malheureux et redoutable Salieri !

    Denis Carpentier est ce compositeur et musicien adoré dans le monde entier. !

    L'UN DE NOS GRANDS METTEURS EN SCENE... ALEXIS GOSLAIN

    Il réalise de nombreuses mises en scène de styles à chaque fois différent. II a mis en scène des pièces telles " Le Repas des Fauves" au Théâtre des Galeries , " Comme s'il en pleuvait" à La Comédie Volter, " Chacun sa place " à La Samaritaine ... et d'autres encore.

    Il est aussi comédien que nous avons pu voir entre autres dans "La Reine Margot" , "Dom Juan", à Villers-La-Ville...

    Nous le retrouvons en tant que metteur en scène du spectacle " AMADEUS"

    Alexis : En s'inspirant d'une courte pièce de Pouchkine Peter Shaffer a écrit en 1979  une oeuvre majeure qui sera relayée plus tard par Milos Forman au cinéma.

    Consumé par la jalousie , Salieri , compositeur de la Cour d'Autriche voit en Mozart un être brillant mais qui, de par son comportement obscène et vulgaire , ne mérite pas le don que lui a accordé Dieu. Il en fait donc un rival à abattre.

    Quant à la rumeur accusant le compositeur italien d'avoir empoisonné Mozart , elle ne repose sur aucun fait tangible. Elle n'est qu'un enjeu pour l'auteur de confronter le génie face au médiocre , pourquoi l'un est entré dans la légende et l'autre est resté sur le pas de la porte...

    Faire confronter les œuvres de Mozart est déjà un spectacle en soi.

    Suivre une histoire portée par une équipe solide ne vient qu'amplifier une fois de plus l'importance  de découvrir ou re-découvrir l'histoire de Peter Shaffer aux allures shakespeariennes.

    Mon amour pour la musique du divin Mozart est sans borne  et inscrite dans mon ADN  depuis l'âge où il improvisait déjà des menuets . Le représenter au théâtre dans ces oeuvres majeures et dans la beauté des ruines a du sens.

    Partager cette histoire-là avec le public , en a d'autant plus!

    Je souhaite aux spectateurs une soirée enchantée dans la magie du théâtre qui se transformera le temps d'un soir en une boite à musique.

    J'ai bien reçu ce grand spectacle tel que vient de nous le présenter Alexis Goslain.

    Sa mise en scène est d'une belle intelligence , vivante , précise . Il a l'art  de diriger ses acteurs avec plaisir et bonheur et cela se sent en voyant la pièce.

    Un grand moment de théâtre.

    De grands instants de musique. 

    C’est flamboyant,   emmené par une large équipe dans une mise en scène ample, une scénographie monumentale avec les projections d’images superbes, et enveloppée des plus belles musiques de Mozart.

    C’est jubilatoire en diable !

    Cette adaptation est magnifiquement conçue et clairvoyante, et nous permet de découvrir bon nombres d’enseignements C’est d’une belle richesse ! Une étude de recherches très poussées sur cette époque mozartienne.

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     J’ai vu la pièce à sa création, j’ai revu la pièce il y a trois jours. De part et d’autre, j’étais rivé à mon siège . Je regardais les acteurs avec passion et enthousiasme.

     AMADEUS

    Les 10 comédiens jouent sobrement leurs personnages

    C’est là aussi ce qui est formidable, c’est que rien n’est excessif  dans le propos ni dans les jeux de scène.

    Intéressant aussi de retrouver des acteurs que nous connaissons bien tels Marc De Roy (von Strack) Lucas Tavernier (Joseph II), Michel Poncelet (Orsini-Rosenberg) , Maroine Amimi (Venticello) , et d’autres : Julie Lenain(Constance) , Aurelio Mergola (Venticello) , Jean- François Rossion (Baron van Swieten) ...

     « Le projet était fou, il était cohérent et il est devenu une institution.

    Que le spectacle continue !

    PAUSE MUSICALE



    OPTION SCENOGRAPHIQUE INNOVANTE

    OU

    LE MUR FEERIQUE

    Patrick de Longrée(adaptateur et scénographe) : Pour innover, nous avons voulu faire appel à la technique de la projection en « mapping 3D » , avec la possibilité de projections spectaculaires variées comme la reconstitution, de palais baroques , l’illustration de multiples décors d’opéras , la création d’univers fantasmagoriques , des soulignements des particularités de l’architecture , bref, une multitude d’images qui contribuent à plonger le spectateur dans l’univers magnificiant t nécessaire à l’illustration de cette fresque historique.

    Les projections ont été travaillées à partir de dessins et d’aquarelles spécialement peintes pour le spectacle par le scénographe Thierry Bosquet et retravaillées en images de synthèse mouvantes par une société spécialisée dans le mapping 3D.

    Des effets visuels époustouflants sont projetés comme les décors somptueux de divers opéras ou l’apparition du Commandeur, comme l’écroulement de la façade ou son recouvrement de lierre , comme l’ouverture et la fermeture d’un immense rideau de scène, comme une nuit étoilée parsemée d’étoiles filantes ou la naissance de l’aube baignée de brumes...

    AMADEUS

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     Avec Michel Poncelet( Comte Orsini-Rosenberg) , Marc De Roy ( Johann Killian von Strack), Jean-François Rossion(Baron van Swieten) , Lucas Tavernier ( L’Empereur d’Autriche Joseph II), Julie Lenain(Constance Weber) , Maroine Amimi (Venticello) , Aurelio Mergola (Venticello) , Camille Pistone(Venticello) , Pauline Discry (Katarina) , Anthony Molina-Dia

     

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    GENERIQUE

    DIDIER COLFS (Antonio Saliari) & DENIS CARPENTIER (Wolfgang Amadeus Mozart)

    Impeccable le rire de Wolfgang !

    Auteur : PETER SHAFFER

    Mise en scène : ALEXIS GOSLAIN

    L’équipe de réalisation :

    Création des costumes  et décors peints : THIERRY BOSQUET

    Adaptation et scénographie : PATRICK de LONGREE

    Mapping video : FRANCOIS JAIME PREISSER

    Création des lumières : CHRISTIAN STENUIT

    Chorégraphie : CATHERINE LOTTEFIER

    Décor sonore : LAURENT BEUMIER

    Création des maquillages : COSTHEA

    Assistant à la mise en scène : NICOLAS LEGRAIN

    Confection des costumes : COSTHEA

    Accessoires gourmands : THIBAUT DE COSTER & CHARLY KLEINERMANN

    Stagiaire maquillage : GAELLE AVILES & FRANCOIS-NOE FLAMENT

    Habilleuse : MARIANNE BRACONNIER

    Stagiaire habilleuse : GWENNAELLE DAOUS

    Régie lumières : CHRISTIAN STENUIT

    Régie son : SYLVAIN ROBYNS& LUNA GILLET

    Régie de plateau : DAVID DETIENNE- DAVID COOL-SAMUEL SERAILLE

    Peinture des décors  : OLIVIER WATERKEYN-MARIANNE DE WIL

    Construction des décors : JEAN-JACQUES ALLARD-FRANCIS DEBON-OLIVIER DE BONDT-DAVID DETIENNE –DENIS DEVAUX-PHILIPPE HAZEE-SAMUEL SERAILLE

    Installation son et lumières : CHRISTIAN AIGUEUR –YANN-BOELS PAULINE COLLAR-DIDIER DEWAELE- CYRIL HUBERT – JOEL VANDENBERGE – P^HILIPPE VAN DERPERREN-

    Equipement projection : DANIEL VAN RUYSSEVELT-ADC PRODUCTION

    Graphisme : DAVID-SAMUEL COURTOIS

    Responsable jobistes : ROMAIN TIELEMAN

    Accueil réservations : SANDRAZ BRENDERS

    Photos : ARNAUD de COSTER

    En co-production avec DEL. Diffusion Villers

    Long générique comme les films américains.

    Chacun son rôle ! Chacun fait son travail . Ils sont nombreux et méritants . Ils méritent d’être nommé !

    Bravos à tous !

     

     

    AMADEUS - PETER SHAFFER- ALEXIS GOSLAIN

    Jusqu’au 20 /11/16

    THEATRE ROYAL DES GALERIES

    Galerie du Roi 32- 1000 Bruxelles

    Infos Réservation : 02 / 512 04 07


     

     Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci encore de votre intérêt au blog.

    Notre moment de séparation : La vision sur votre téléviseur du document : « Un jour, un destin »  de Laurent Delahousse , consacré à Johnny Hallyday. Un Johnny en quête d’identité.

    Dimanche 30/10- 22h40- France 2

    Bon week-end à Vous.

    A tout bientôt !

    Roger Simons

     

     

     

     

     

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  • CALDERON - PIER PAOLO PASOLINI - LAZARE GOUSSEAU (RIDEAU DE BRUXELLES)

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe ",  bienvenue.

    Rencontre avec Pasolini.

    «  Ils nous répètent « Vous êtes libres » 

    Un grand spectacle !

    Un  long spectacle : 150 minutes...

    En création !

    L’auteur : Pier Paolo Pasolini

    Le traducteur et metteur en scène : Lazare Gousseau


     

    RENDEZ-VOUS EN TERRE PASOLINIENNES

    Après « Affabulazione » et « Bête de style » mis en scène par Frédéric Dussenne , « Pylade »mis en scène par Lazare Gousseau, le Rideau de Bruxelles poursuit l’exploration du théâtre de Pasolini.

    Cette pièce nous apporte beaucoup d’infos sur Pasolini.

    Calderón est une des six « tragédies » de l’auteur.

    Écrite et remaniée de 1966 à 1973, jusqu’à un an avant son assassinat, elle raconte la lutte cauchemardesque de Rosaura avec la réalité d’un monde social et politique délirant : l’Espagne franquiste. En réactivant selon d’autres enjeux les personnages de « La vie est un Songe » de Pedro Calderón de la Barca, et en convoquant l’histoire espagnole du Siècle d’Or et l’histoire plus récente de la guerre civile espagnole, Pasolini dessine les évolutions du monde occidental du XXème siècle qui conduisent de la dictature franquiste au capitalisme consumériste dans lequel nous vivons encore.

     

    PAUSE MUSICALE


     

    « CALDERON » ou « LA FORCE DECUPLEE DES PERDANTS » 

    « La vérité n’est pas dans un seul rêve mais dans nombre de rêves » (Pasolini)

    Le personnage principal : Rosaura !

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     Août 1967 : Rosaura , 20 ans, se réveille un matin et ne reconnaît rien du monde qui l’entoure. Elle se découvre fille de riches industriels madrilènes. Est-ce un cauchemar ?

    Août 1967 : Rosaura , 30 ans, se réveille et ne reconnaît rien du monde. Elle est prostituée dans un bidonville de Barcelone

    Août 1967 : Rosaura , 40 ans , se réveille encore..

    Pasolini réécrit « la Vie est un songe » de Calderon et signe sa pièce la plus jubilatoire. Entrelaçant naturalisme bourgeois, onirisme et grotesque.

    Calderon raconte la lutte de Rosaura avec une réalité sociale et politique délirante, à la charnière de l’Espagne franquiste et du capitalisme consumériste dont on continue de subir la loi...

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     CALDERON 2016

    La pièce est créée dans une nouvelle traduction française de Lazare Gousseau : « Notre réalité est une construction pas une fatalité ! »

    S’il fallait dire mon amour de pasolinien en un seul sens, je dirais que ce qui me touche le plus chez lui, c’est sa capacité proprement physique à mettre en œuvre une poétique où s’entrelacent la vie intime et ses prises de positions politiques artistiques.

    CONFESSION

    Il n’est pas toujours évident de suivre le propos de Pasolini.

    Cette pièce se présente en de nombreux flashs.

    A chaque fois, d’autres personnages qu’il faut déceler !

    L’agitation est foudroyante sur le plateau du théâtre.

    Les dix comédiens sont excellents, nous offrant chacun une véritable galerie d’individus.

    Le problème est de comprendre les intentions de l’auteur, et les rapports d’une séquence à l’autre.

    PAUSE MUSICALE


     

    REGARDS SUR PASOLINI

    Lazare Gousseau : Pasolini est assez pessimiste dans Calderón, (même s’il n’est jamais exempt d’optimisme et surtout d’humour. Pasolini est un type très drôle. Personnellement, j’ai eu des problèmes avec ce pessimisme apparemment fermé.

    Parce que je ne veux pas raconter d’histoire dans laquelle il n’existerait pas de marge de manœuvre. Jusqu’il y a peu, j’avais donc un vrai problème avec la fin de la pièce: il s’agit d’un «Grand récit», la libération d’un camp de concentration par une armée d’ouvriers, dont on nous dit en même temps que ce n’est rien d’autre qu’un rêve. Même si historiquement, ça a été vrai, que les révolutions telles qu’on les entendaient au XXème siècle, n’ont pas produit ce qu’on attendait d’elles, c’est pour moi un problème dramaturgique et moral: proposer une fin si verrouillée, où aucune ligne de fuite n’est permise. Pourtant, au fur et à mesure des répétitions, cette fin m’est apparue étrangement ouverte. Car, cette fin aussi est baroque, c’est-à-dire paradoxale, en forme d’oxymore, proposant deux sens simultanés. Alors de toute évidence, il fallait que nous, 40 ans plus tard, nous choisissions ce que ce texte voulait dire et « quelle force actuelle brancher dessus », pour reprendre une expression de Pasolini. De fait, à la fin, Rosaura, plus enfermée que jamais dans le camp de sa vie petit -bourgeoise, est paradoxalement la plus libre. Ce qu’elle découvre à mon sens, ou en tous cas, ce que la pièce dit, c’est qu’elle est déjà libre car sa résistance ne pourra jamais être réduite complètement. Rosaura est une figure bien sûr, et nos vies réelles sont très compliquées de ce point de vue là. Mais au bout du compte, pourtant, il se pourrait bien que nous soyons tous déjà libres, que nous n’ayons pas besoin de sauveurs ou de libérateurs. Nous devons travailler pour produire un monde dont chacun soit responsable plutôt que de considérer qu’il impossible de changer les choses.

    D’après moi, c’est la question morale que pose la pièce.

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     INTERVIEW (EXTRAIT)  : CEDRIC JULIENS/LAZARE GOUSSEAU

    Cédric Juliens. Tu dis de cette pièce qu’elle est « surthéâtrale», et en effet elle fait intervenir l’influence de l’histoire, du cinéma, de la peinture. Comment as-tu pensé rendre cela sur le plateau?

    Lazare Gousseau. C’est la première fois que je monte un spectacle avec autant d’accessoires, de costumes, de couleurs, de mobiliers, de musiques, en gros avec une telle surenchère de signes. L’action se situe dans un hôpital, dans un baraquement de prostituées, dans un salon d’aristocrates, dans un camp d’extermination... cela change presque à chaque scène.

    Cédric Juliens : Comment fait-on pour figurer tous ces lieux ?

    Lazare Gousseau : Pour moi l’enjeu et l’intérêt, c’est de rendre le spectateur sensible à ce qui se raconte via les éléments reconnaissables, réalistes des situations, comme dans le cinéma le plus bêtement naturaliste. Je voudrais être précis jusqu’à recréer l’ambiance de l’été 67 à Madrid, presque comme une reconstitution historique. Même si en réalité, je n’ai aucune idée réelle de ce que ça a été. Mais disons que c’est sur ça que Raffaëlle Bloch a travaillé pour les costumes. Et puis avec Didier Payen, le scénographe, nous avons imaginé un espace qui puisse englober tous ces espaces. « Calderón », en langue espagnole, ce n’est pas seulement l’auteur dramatique de « La vie est un songe », c’est aussi un nom commun qui signifie «chaudron». Dans chaque scène, des objets réalistes sont englobés dans un même espace. Les entrées et les sorties produisent beaucoup de mouvements comme dans un chaudron qui bouillonne. Tout cela préfigure une partition complexe que nous cherchons à articuler, comme le fonctionnement d’une machine. Au final, tout cela donne quelque chose à la fois chatoyant et très sombre, ou clair-obscur, comme des taches de couleurs surgissant d’un fond sombre. Toutes ces directions viennent aussi de ce que propose Pasolini en mettant en scène le tableau « Les ménines » de Vélasquez au milieu de la pièce. C’est une sorte de défi intenable, reconstituer une peinture sur scène, qui emporte toute la pièce vers sa propre picturalité, et vers une critique de la représentation.

    De toute façon, de l’aveu même de Pasolini,« Calderón » est une pièce «problématique», c’est-à-dire, critique et instable...

    La vérité n’est pas dans un seul rêve mais ans un nombre de rêves ! (Pasolini)

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    Lazare Gousseau : Dans cette pièce, tout est la réalité. On passe d’un rêve à l’autre , mais c’est essentiellement un procédé rhétorique. Comme le dit Pasolini dans «  Pétrole, »  il est impossible de passer d’un rêve à un autre rêve »

    Ca voudrait dire en gros, pour ce que j’en comprends, qu’on ne peut qu’être déniaisé au fur et à mesure de l’expérience.

    A moins de vouloir rester aveugle ou niais ( politiquement , existentiellement).Et peut-être que beaucoup le veulent , ceux que Pablo appelle dans la pièce «  les membres normaux »

     CALDERON

    Lazare Gousseau : A mon avis, vous ne devriez lire ce texte qu’après voir vu le spectacle. Comme vous voulez.

    Personnellement, je pense le contraire. Tous les propos tenus par Lazare Gousseau facilitent notre compréhension.

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    GENERIQUE

    Dix comédiens formidables qui défendent leurs personnages   avec fureur, acharnement, violence, mais aussi avec des gestuelles qui étonnent et qui font rire...

    Voici leurs noms :

    Jacques Bruckmann, Pedro Cabanas, Paul Camus, Arnaud Chéron, Lazare Housseau, Alizée Larsimont, Jean-Claude Luçon, Arthur Marbaix, Elena Pérez.

     

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     L’Equipe :

    Ecriture : Pier Paolo Pasolini

    Mise en scène et texte français : Lazare Gousseau

    Dramaturgie : Thibault Taconet

    Scénographie : Didier Payen

    Assistante à la scénographie : Chloé Jacmotte

    Costumes : Raffaëlle Bloch

    Lumière : Ledicia Garcia

    Musique et enregistrement sonore : Raphaël Parseihian

    Assistante à la mise en scène : Nicole Stankiewicz

    Régie son : Paola Pisciottano

    Régie plateau : Stanislas Drouet

    Habilleuse : Nina Juncker

    Direction technique : Thomas Vanneste

    Chargé de production : Jean-Yves Picalausa.

    Production : Rideau de Bruxelles/le bref été/Cave Cane

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    CALDERON

    Jusqu’au 05/11/16

    RIDEAU DE BRUXELLES

    Rue Goffart 7 A 1050 Bruxelles

    Infos Réservation : 02 / 737 16 01


     

    Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe «  , merci de votre satisfaction à suivre notre blog.

    Notre moment de séparation :TUYAUTERIE , une pièce formidable qui obtient un énorme succès là où elle est jouée , ce qui fut encore le cas dernièrement au Grand Festival « Bruxellons ». Elle est interprétée par le couple de l’histoire (vrai couple dans la vie) 

    Charlie Dupont et Tania Garbarski.

     Vous pouvez en prendre connaissance en consultant votre blog des " Feux de la Rampe"

    ifusion de cette pièce de théâte ce samedi 29/10à 22h50  sur RTL-TVI.

    Coyez-moi, vous ne regretterez pas la vision  de cette pièce de vrai théâtre.

    A tout bientôt!

     

    Roger Simons

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