CAMILLE - FRANCOIS OST -NELE PAXINOU+ FLORENT PAGNY

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 « Avec passion, j’ai voué ma vie au théâtre » Et combien c’est vrai pour Nele Paxinou qui a fondé en 1980 « Les Baladins du Miroir »

Nous la retrouvons aujourd’hui, créatrice d’un spectacle émouvant sur la vie de Camille Claudel.

 

 

10 mars 1913. Fiche de la Préfecture. Asile de Ville Evrard

Le médecin :

Numéro d’inscription : 39996

CLAUDEL Camille

Profession : artiste statuaire

Age : 48 ans

Domicile : 19, quai de Bourbon, Paris, Seine

Admission : 10 mars 1913 en vertu de l’Arrêté définitif du Préfet de police. Placement volontaire...

Le médecin : Réponses un peu brusques.

Je suis venue en automobile. On m’a fait passer par la fenêtre. C’est un enlèvement. C’est Rodin le sculpteur, et ma famille qui l’ont provoqué.

Cela remonte à 3 000 ans avant le déluge. Rodin voulait me faire travailler de force à son atelier. Il savait ce que je faisais pour avoir une imagination merveilleuse. Lui n’a pas d’imagination. Il avait besoin d’une imagination. Il m’empoisonnait avec du curare, de l’arsenic. J’étais dans son atelier ; il me battait, il me donnait des coups de pied. Il y est déjà dans mon atelier. J’ai tout brisé ces jours-ci et il ne trouvera plus rien...

13 mars 1913. Camille à une amie.

Camille : Mademoiselle, lundi dernier, deux forcenés sont entrés chez moi, quai de Bourbon , m’ont saisie par les coudes et m’ont lancée par la fenêtre de mon appartement dans une automobile qui m’a conduite dans une maison de fous. J’ignore son adresse, si vous pouviez la trouver, vous me le direz. C’est Rodin qui se venge et qui veut mettre la main sur mon atelier...

Extraits de l’ouvrage de François Ost, vice recteur des Facultés universitaires Saint Louis à Bruxelles et membre de l’Académie royale de Bruxelles.

Il mène en parallèle une activité de responsable universitaire, de scientifique et de dramaturge.

 CAMILLE 

 L’auteur du roman, François Ost, a tiré une pièce de théâtre de son œuvre.

Cette pièce met en scène la vie dramatique de Ca       mille Claudel – compagne de Rodin et sœur du grand auteur – dont le destin fut brisé par trente ans d’enfermement en asiles.

Solidement documentée, la pièce de François Ost est servie par une écriture élégante et poétique.

Quatre saisons jalonnent ce parcours aux sources de l’imaginaire artistique, sorte de plongée au cœur des passions humaines : l’hiver de l’enfermement psychiatrique, le printemps de la jeunesse complice avec Paul, l’été des amours avec Rodin, l’automne des grandes ruptures de la maturité.

Avec un fil conducteur, le combat de Camille avec l’ange, la colère orgiaque qui l’enlace à la glaise pour en tirer des chef-d’œuvres !

 
 

 L’ouvrage a été publié en 2011 aux Editions Lansman.

Il est passionnant à lire. Faites-moi confiance !

Extrait d’une publication à « La Libre Belgique » en 2011 : « Alliant finesse et gravité, la démarche de François Ost est de cet ordre : donner un sens à la tragédie d’une femme victime d’une époque qui ne pouvait admettre son talent, victime de l’amour ; victime des hommes. Dont les sculptures témoignent magistralement des combats. »

 

 LA PIECE, UN CHEF D’ŒUVRE !

Bientôt sur le plateau du théâtre, les 12 et 13 août, « Salon Bleu » du Festival de Spa.

Metteuse en scène : Nele Paxinou

Production : Vitaly Production et Les Baladins du Miroir.

Avec l’aide d’un financement participatif et du Festival Royal de Théâtre de Spa et le soutien de la Province du Brabant Wallon.

La pièce est en pleine répétition. J’ai eu la chance d’assister à l’une des répétitions.

Un vrai bonheur tant sur le plan de l’écriture, de la mise en scène, de la danse et de l’interprétation.

La volonté de Nele est de mettre en valeur des artistes d’aujourd’hui qui nous interpellent.

Nele Paxinou : (metteuse en scène et adaptatrice avec François Ost) : Ma rencontre avec François Ost répond à cette attente. Il nous propose dans un très beau texte - nominé au prix littéraire du Parlement de la Communauté Wallonie-Bruxelles 2014- un nouvel éclairage sur l’œuvre et le personnage de Camille Claudel.

Femme et sculpteur de génie, elle a réussi à imposer son art dans un monde d’hommes et dans une société bien pensante où la femme restait vouée au sexe et à la maternité.

Camille revendique une vie libre. Elle vit une passion amoureuse avec Auguste Rodin.

Bientôt bafouée par son amant et maintenue enfermée ensuite dans un aile par la lâcheté d’un autre homme son frère Paul Claudel, elle revendique pleinement une place vouée à la création.

Je voudrais accompagner, faire résonner encore son geste créateur, célébrer sa mémoire, bien au-delà de l’anecdote, en la conduisant là où elle nous attend : le moment précis où   « LA VIE SURGIT DE LA TERRE » 

 EXTRAIT/CAMILLE

 Rodin : Selon certaines légendes australiennes, l’origine du feu se trouve dans le sexe de l’homme.

Tout homme aura ressenti, un jour ou l’autre, cette chaleur intime qui déplace les montagnes. Là se trouve le principe de toute création mais les hommes ordinaires l’ont oublié.

L’artiste, lui, sait voir dans chaque chose la forme refroidie qui lui a donné naissance.

Camille : Faut-il en déduire que, pour vous, la création est un privilège masculin ? Avec la matière femelle, passive et froide, informée par le feu masculin ?

Rodin : Honnêtement, je l’ai pensé jusqu’à ce que je vous ai vue au travail. Vous êtes une énigme admirable, ma belle amie.

En ce qui me concerne, une chose me paraît certaine à présent : en sculptant la glaise, je la réchauffe et ainsi je lui restitue sa vie originaire.

Tout ce qui était contraint et tourné, en quelque sorte, vers l’intérieur, se libère et se tourne vers l’extérieur.

Je lui rends la vie, la sculpture se déploie, respire et, j’ose le dire , peut prétendre à plus de vérité que le modèle.

L’oeuvre alors devient nécessaire, elle exprime la quintessence de son idée, tandis que la simple réalité est passagère et contingente.

Camille : Je suis donc passagère et contingente ?

Rodin : Je ne sais pas. C’est mon désir, Camille, qui te fait femme. C’est la statue qui donne vie au modèle.

(Extrait du texte de François Ost, publié chez Lansman, dans la collection «  Théâtre à Vif »)

La pièce sera donc présentée au Festival de Spa le vendredi 12 et le samedi 13/08- Salon Bleu.

Mise en scène : Nele Paxinou

Avec Marie Avril(Camille), Virgile Magniette(Paul Claudel) et Bernard Sen(Auguste Rodin)

Danseurs : Robin Capelle et Juliette Colmant

Un spectacle d’une grande beauté !

Un spectacle d’une belle poésie !

Une riche idée !

Une écriture poétique !

L’agencement du décor est tout particulier !

La musique de Pascale Charpentier est merveilleuse !

Les comédiens jouent cette pièce avec passion et vérité !

La chorégraphie de Nono Battesti est envoûtante !

La lumière de scène est sépulcrale créant une ambiance oculte.

La mise en scène de Nele Paxinou est très discrète

Merci à Vous, Nele Paxinou . Merci à Vous, François Ost !


 

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » , un grand merci pour votre présence assidue au blog.

Notre moment de séparation : FLORENT PAGNY avec cette étonnante chanson «  Caruso » .Il répondra aux questions de Marc-Olivier FOGIEL dans la fameuse émission « LE DIVAN"  sur France 3 ce vendredi 29/07 à 23h40 .

Bonne écoute et bonne vision.

A tout bientôt.

 

Roger Simons


 

 

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