• MOLIERE - MIKHAIL BOULGAKOV-MICHEL BELLIER(THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS) + (FILM) OTHELLO-WELLES

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe", bonjour.Rendez-vous avec deux énormes personnalités : Molière et Welles ...

    MOLIERE

    L’Evènement au Théâtre de la place des MArtyrs !

     


     

    Une toute grande pièce qui nous raconte la vie de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière !

    Une fabuleuse mise en scène de Frédéric Dussenne qui nous conduit dans un méandre théâtral où se trouvent   de nombreux acteurs proches du grand patron.

    Les auteurs : Mikhaïl Boulgakov/Michel Bellier.

    Michel Bellier signe une adaptation du grand auteur russe , sur mesure, pour l’équipe du Théâtre en Liberté , en mettant en scène une troupe de théâtre qui projette de créer un spectacle sur Molière.

    Les spectateurs (que nous sommes) sont conviés aux premières répétitions.

    Sous leurs yeux s’esquisse un portrait du grand homme où se mêlent le désir , l’amour , la maladie , la mort , le besoin de sens, le rapport au pouvoir , les difficultés du travail collectif , les scènes de ménage , les embrassades , les réconciliations , les séparations , les retrouvailles...

    Frédéric Dusenne (metteur en scène) : Tout se mêle dans une mise en abîme du théâtre et de la vie à la fois drôle, tendre et tragique.

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    Cette adaptation est tout à fait remarquable, la manière de faire jouer les acteurs qui vont et viennent sur le plateau de répétition d’un théâtre, placé dans le milieu de la salle. De chaque côté de « la scène » se trouvent les spectateurs.

    Il y a donc un lien unique entre l’acteur et le spectateur. Cela donne un éclat particulier au spectacle.

     RACONTER LA VIE DE MOLIERE

    Une idée fantastique, intéressante, passionnante, inédite...

    Frédéric Dussenne : Un moment dans ma carrière. Une grande joie pour moi, pour le public mais aussi pour mes acteurs.

    QUE LE SPECTACLE COMMENCE ...

    Frédéric (le vrai metteur en scène de la pièce qui se joue en ce moment aux Martyrs) : Raconter la vie de Molière ... Une amie auditrice que je tentais de convaincre de me rejoindre sur ce projet m’a répondu, le visage déformé par une moue de dégoût et de découragement : Molière ? Cela m’a fait réfléchir. Le théâtre est l‘art du présent. Et la vie est courte. Pourquoi ce désir d’aller farfouiller dans les secrets d’un grand homme du XVIIème siècle ?

    Le théâtre ne parle jamais aussi bien du monde que lorsqu’il parle ... du théâtre. Ce n’est pas le grand Shakespeare qui m’aurait contredit. Et dès qu’on cherche une figure susceptible d’incarner cette étrange activité humaine, on tombe inévitablement sur le nom de Molière. Sans doute parce que ce grand dramaturge, orchestrateur des magnificences du Roi Soleil était avant tout un acteur. Son corps, sa vie étaient ses outils de travail. Il les exposait sans fard, dans la violence crue d’une intimité dévoilée.

    Ce qu’il transmettait dépassait la pensée : c’était une expérience. Il vivait et travaillait en tribu. Son théâtre, c’était sa famille... Avec les éblouissements et les déchirures qui traversent la vie de toutes les familles. Sauf qu’ici, ils devenaient la matière d’un art. Un couloir secret reliait directement les appartements privés de Molière à la scène de son théâtre.

    Il ne cherchait pas la beauté dans un répertoire déjà connu de formes ou dans le choix de sujets mettant en scène des dieux, des héros, ou des personnages magnifiques. Il faisait le portrait d’une humanité quotidienne, fragile, traversée par la maladie, la mort, le désir, l’amour, la faim, la trouille la plus lamentable, les scènes de ménage, les embrassades, les réconciliations, les séparations, les retrouvailles.

    Son théâtre s'écrivait et se jouait à une période de mutations profondes de l'Europe, qui tentait de passer d'un mode religieux — pour mieux dire, catholique — de compréhension du monde induisant une société d'ordres — à un mode laïc qui, alors même que Dieu se trouvait au centre de la conception ancienne, proposait d'y positionner l'homme. Ces convulsions politiques allaient déboucher sur les lumières. Molière a accompagné ce mouvement de civilisation en démasquant, dans un éclat de rire salvateur, les dérives et l’hypocrisie de l’ancien régime. Faux monnayeurs en dévotion, arbitres du bon goût, blousons dorés de la noblesse abusant de leurs privilèges de sang, bourgeois qui voudraient tellement « avoir l’air» ... L’audace et la violence de la charge ont de quoi étonner dans un pays gouverné par un roi de droit divin au pouvoir absolu.

    C’est sans doute oublier un peu vite que Molière était, par héritage paternel, tapissier du Roy. Il assistait donc au petit lever de Louis XIV. Concrètement, il faisait son lit. Il y avait entre le monarque et l’acteur, de seize ans son aîné, une complicité et une intimité absolument inédite dans l’histoire de l’art.

    PAUSE MUSICALE

     

     

     MOLIERE(suite)

     

    SI LE THÉÂTRE EN LIBERTÉ M’ÉTAIT CONTÉ...

     

    Frédéric Dussenne : Après vingt-cinq ans de vie commune, « Théâtre en Liberté », cette illustre troupe rêvée et créée un soir d’été à Villers-la Ville sous les auspices de l’ami libertin de Molière - le grand Cyrano de Bergerac - est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Daniel Scahaise, son directeur artistique, a en effet pris la décision de méditer sur les profondeurs de l’âme humaine sous les cieux lumineux de ce beau pays d’Europe où sont nés le théâtre occidental et la démocratie.

    Quand il m’a demandé un projet de spectacle pour Théâtre en Liberté, j’ai inévitablement repensé à Molière. Comme l’occasion à la fois de faire un bilan et de rebondir. En partant de ce merveilleux livre nous allons tenter, avec les acteurs de Théâtre en Liberté, et avec Michel Bellier qui a accepté de nous rejoindre pour l’adaptation, de raconter la vie d’un homme. La dimension irrationnelle de ses éblouissements, la force d’apprentissage que la violence des choses a pu représenter pour lui, la fertilité de ses échecs, la profondeur de son mystère.

    Raconter cette vie, c’est raconter un métier. Le leur, le mien. Ou plutôt un art. Et raconter cet art, c’est aussi raconter le monde.

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     COURT EXTRAIT

    Tu disais ? Qu'est-ce qu'une vie pleine et heureuse ? C'est peut-être quand la somme des plaisirs est au moins égale à celle des malheurs. Alors, oui, à ce moment-là on peut parler d'une vie réussie. Comme dans une bonne comédie. Un dosage subtil, un savant équilibre."

    (Extrait de Molière, d'après le roman de Mikhail Boulgakov)

     

    L’ADAPTATION, UN BONHEUR !

    Nous la devons à Michel Bellier.

    Après avoir été comédien au théâtre, au cinéma et à la télévision, Michel Bellier se consacre à l’écriture depuis plusieurs années et a obtenu plusieurs bourses d’aide à l’écriture. Il a écrit une vingtaine de pièces qui ont toutes été jouées en France, en Belgique, en Roumanie, en Pologne et en Turquie. Tout son théâtre édité se trouve aux éditions Lansman.

    Il anime aussi des stages et des ateliers d’écriture réguliers. À destination des enseignants, des collégiens et lycéens mais aussi à l’intention de populations «empêchées» et «fragiles» (prisons, hôpitaux psychiatriques, dispositif Culture du Cœur, etc).

    Depuis 2009, il est auteur associé à la compagnie Dynamo Théâtre, qui axe son travail sur un plan transeuropéen.

    Je luis cède la place pour lui permettre de nous conter son adaptation de grand mérite.

    Michel Bellier : Quand Frédéric Dussenne m’a parlé du projet d’adapter Boulgakov au théâtre, je me suis tout de suite demandé ce que j’allais faire. Adapter le livre de Boulgakov ou raconter la vie de Molière tel que Boulgakov semble nous inviter à le faire à travers ses lacunes et ses ellipses.

    Il ne fallait pas perdre de vue que c’est un roman, que Boulgakov est un superbe romancier et qu’il n’adopte à aucun moment la position de l’historien. Il s’agit avant tout d’un artiste qui parle d’un autre artiste. À travers le filtre d’un grand écrivain soviétique passionné de théâtre et sous le coup de la censure de son époque, se dessine un Molière fragmenté, non exhaustif, partiel, partial. Et c’est ce qui est passionnant. Au fond, y’ a-t-il un autre Molière ?

    Adapter ce livre, c’est donner à voir le destin de plusieurs utopies.

    Celle du théâtre d’abord. Cette éternelle utopie agitatrice d’idées. Car, dans le théâtre de Molière, dans les mots de ces barbons et marquis, dans les poses de ces Précieuses et Savantes, dans la bouche de ces faux dévots, c’est toujours le politique qui s’agite, qui se heurte et s’interroge. Il écorche et montre, questionne les travers et exhibe les vices. Sans jamais prétendre apporter réponses et solutions. Il nous dépeint une société qui pressent certaines mutations. Une société secouée des prémices d’une pensée qui annonce celle des Lumières, un siècle plus tard.

    L’utopie de la troupe ensuite. L’utopie d’un théâtre qui ne peut se faire que collectivement. Un temps et un espace à créer ensemble. Avec les lourdeurs, les renoncements, les frustrations, les problèmes d’argent, d’égo, les plans de carrière, les jalousies, les tractations, tout ce qui constitue la vie d’une troupe. Que le trajet de cette utopie qu’était la troupe de Molière croise le destin de Théâtre en Liberté nous paraissait d’une évidence éclatante. À des siècles de distance, c’est finalement cette même chose, cette même pierre philosophale que nous cherchons, ce même art rudimentaire et millénaire que nous tentons de faire exister.

    Partant du XVIIe siècle, j’ai tenté de refaire le trajet de cette utopie et de m’interroger comment et pourquoi elle continue de nous parler aujourd’hui

    À mon tour je me suis donné licence d’inventer et de privilégier certains aspects de la vie de Molière. Restant fidèle à l’histoire mais en empruntant quelquefois des chemins de traverse. Se heurtant à ce paradoxe : on ne peut pas faire rentrer toute une vie de plateau, celle de Molière, sur un plateau !

    En fait, on ne raconte pas Molière, on l’invente. Il a déjà été inventé tellement de fois qu’on a l’impression de le bien connaître. On ne peut pas être exhaustif avec Molière puisqu’il est reste actuel. Incroyablement actuel.

     

    MOLIERE –  DIVERSION

     

     

    Après cet intermède avec Luchini et Duris, retour au MOLIERE du Théâtre de la place des Martyrs.

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    La pièce dure plus de deux heures. A aucun moment, on ne sent une certaine longueur, aucune fatigue.

    La mise en scène de Frédéric Dussenne est très vivante, très originale.

    Les douze acteurs s ‘en donnent à cœur joie.

    Le public regarde et écoute les comédiens avec délectation.

    Et il y a raiment de quoi !

    C’est une réelle découverte dans le théâtre, qui plus est celui de Molière et de Boulgakov.

    C’est aussi très important pour les jeunes qui se préparent à cette carrière d’acteur !

     ET LE SPECTACLE CONTINUE.

     

    C’est tout neuf cette nouvelle forme théâtrale des Martyrs.

    C’est tout un collectif d’acteurs !

    C’est un nouveau départ inauguré par Philippe Sireuil , son nouveau directeur.

    Hélène Theunissen, l’une des grandes comédiennes de la troupe, qui joue du reste dans le spectacle actuel MOLIERE, nous raconte en quelques lignes les aventures du théâtre.

    Hélène Theunissen : Depuis plus de 20 ans, « Théâtre en liberté « c’est une quinzaine de comédiens et collaborateurs artistiques qui se sont réunis afin de renouer avec un théâtre populaire dans un travail de compagnie. L'imagination et l’action sont les mots d’ordre autour desquels cette équipe s'est réunie, afin de proposer des spectacles non pas confinés dans un respect sclérosant, mais où le souci de la tradition s'enrichirait des précieux apports de la modernité théâtrale et, donnant toujours au théâtre cette place privilégiée qui est la sienne.

    Pendant plus de 20 ans cette compagnie a été l'affaire d'un homme au courage exemplaire, à l'idéalisme tenace et au talent artistique incontournable : Daniel Scahaise. Il était meneur de troupe, animateur, metteur en scène, directeur du Théâtre de la place des Martyrs et a mis toute son énergie à faire vivre sa compagnie au travers de textes rigoureux et universels.

    Cet homme, a maintenant décidé d'arrêter son chemin théâtral pour prendre le large vers d'autres horizons plus chauds et plus lumineux.

    La troupe se retrouve sans son créateur mais pas sans nouvelles ambitions. « Théâtre en Liberté » s'est transformé depuis quelques mois en un collectif d'acteurs responsables et autonomes. Ce collectif " Théâtre en Liberté" a choisi en son sein quatre membres, pour assurer les tâches artistiques, techniques et administratives, et a désigné comme porte parole Hélène Theunissen.

    Pour ses projets, la troupe fera désormais appel à des créateurs, extérieurs ou intérieurs, confirmés ou émergeants. Elle collaborera également à des co-productions au sein du Théâtre de la Place des Martyrs, qui reste son lieu exclusif de production.

    Par ce mode opératoire, le Collectif " Théâtre en Liberté " s'inscrit totalement dans le projet artistique global du nouveau directeur du Théâtre de la place des Martyrs : Philippe Sireuil.

    Artistiquement, le collectif s'emploie à rester fidèle aux lignes de forces éthiques et artistiques insufflées par Daniel Scahaise. A savoir proposer des œuvres théâtrales de qualité, humanistes, tout en ayant l'ambition de les ouvrir au plus grand nombre.

    Le collectif "Théâtre en Liberté " veut se battre pour conserver la notion de troupe sur un plateau. Dans cette perspective, il continuera à proposer des spectacles rassemblant des distributions ouvertes et nombreuses.

    Bravo à Vous Hélène ainsi qu’à tous vos amis.

    L’équipe actuelle est composée de Jean-Henri Compère, Isabelle De Beir, Jaoued Deggouj, Daniel Dejean, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Bernard Marbaix, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Sylvie Perederejew, Hélène Theunissen et Laurent Tisseyre.

     

    REFLEXION

    « Les comédiens sont de drôles animaux à conduire... » (Molière)

     

    MOLIERE-MIKHAIL BOULGAKOV—MICHEL BELLIER

    Avec Maxime Anselin, Alexandre Croissiaux, Isabelle De Beir, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe , Bernard Gahide, Stéphane Ledune ,Julie Lenain, Juliette Manneback, Sylvie Perederejew , Hélène Theunissen et Laurent Tisseyre.

    Texte : Michel Bellier, d’après «  Le Roman de Monsieur de Molière » de Mikhaïl Boulgakov.

    Dramaturgie et mise en scène : Frédéric Dussenne.

    Assistanat : Lara Ceuleman

    Scénographie : Vincent Bresmal

    Costumes : Anne Compère

    Musique originale : Daniel Dejan avec l’ensemble Dodeka

    Lumières : Renaud Ceuleman

    Régie : Bruno Smit

    Photos : Kim Leleux

    En coproducion avec L’Acteur et l’écrit.

     

    MOLIERE

    Jusqu'au 28/05/16

     

    THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS (grande salle)

    Place des Martyrs   22 – 1000 Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 223 32 08


     

    Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » un grand merci d’avoir suivi la présentation de cette pièce.

    Notre moment de séparation : Un film d’Orson Welles «  OTHELLO », tourné en noir et blanc en 1952, avec Orson Welles(Othello), cela va de soi, et Suzanne Cloutier(Desdémone)

    Une adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare dont les propos sont très partagés.

    Ce film a connu beaucoup de difficultés lors du tournage

    Ce jeudi soir à 23h55 sur ARTE !

    Bonne vision et à tout bientôt !

     

    Roger Simons

     


     

     

     

     

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    Lien permanent
  • LIEBMAN,RENEGAT (THEATRE VARIA)

     « La critique est difficile et la contestation aussi. C’est  pour cela que les contestataires infiniment moins nombreux que les conformistes, ne courent pas les rues."

     (Marcel Liebman : 1929-1986)

     

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    Henri Liebman : Comment en étions-nous arrivés là ? Comment cet homme, ce bon petit juif, qui allait à la synagogue, qui avait fait sa bar-mitsva, ce bon belge, patriote , conservateur, anti-communiste... Comment a-t-il fait pour devenir ce monstre de juif pro-palestinien ?

     

    David Murgia  (metteur en scène) : Quand Riton  m’a proposé de l’aider à « accoucher » de ce spectacle, je savais que nous aurions  à confronter deux manières différentes d’envisager le théâtre et  l’écriture, le fond et la forme, l’humour et le sérieux.

    Mais je savais aussi que nous cherchions ensemble à raconter une histoire vraie et sincère , une histoire d’une partie de l’Histoire. Et que cette histoire avait quelque chose à nous raconter à tous les deux. Et à tous les autres.

     Chose dite, chose faite ! Et bien faite, totalement !

     MONSIEUR LIEBMAN...

     C’est un juif, mais un juif un peu... spécial, un «  renégat  à la solde des arabes », disent certains. Issu d’une famille juive conservatrice et austère, Marcel Liebman finit par s’affranchir de cette droite dans laquelle il ne se reconnaît pas au contact de la famille de sa femme, des juifs de gauche.

    Devenu un brillant intellectuel, professeur de renom à l’ULB et à la VUB, militant marxiste prêt à toutes les révolutions, le père de Riton est solidaire d’un peuple palestinien dessaisi de ses terres.

    RITON LIEBMAN, L’ACTEUR ...

    Sur scène, au-delà d’un portrait du père ou du fils  les souvenirs de Riton nous font écumer les époques , avec l’avant-guerre , l’occupation, les manifestations et les années quatre-vingt, nous confrontent à de vastes thèmes comme le militarisme, le respect de ceux qui marchent à contre-courant, les inégalités. Sans oublier l’importante question de la  filiation : comment parvenir à se construire en tant que fils quand l’image du père est si prégnante  , comment préserver une relation père-fils lorsqu’un gouffre se creuse entre les préoccupations de l’un et de l’autre ?

    LIEBMAN RENEGAT

    Dans ce seul en scène,  Riton Liebman le comédien , nous interpelle avec audace, humour, et délicatesse sur ces thèmes et  questions qui ont forgé son parcours , à travers un récit hors du commun , orchestré par l’étonnant David Murgia et la mise en musique par Philippe Orivel.

    UNE CONFESSION SINCERE

    Riton Liebman : Depuis que j’écris, j’ai toujours été centré sur ma propre personne. Mes aventures personnelles étaient au centre de mes préoccupations. Puis un jour, j’ai eu envie de raconter l’histoire de mon père, Marcel Liebman , ce juif de gauche et pro-palestinien. Pas facile, il y en a des choses à dire. Et des souvenirs, j’en avais à la pelle...

    ET EST NE CE SPECTACLE FARAMINEUX !

    Un spectacle qui aborde les relations père/fils, le militantisme, le conflit israélo-palestinien et d’autres encore.

    LIEBMAN OCCUPE LE GRAND PLATEAU DU VARIA

    20h30 : Une musique bruyante.. Liebman est en scène avec son musicien, Philippe Orivel,  ils  accordent leurs instruments.

    Sur scène : un pupitre pour partitions, une guitare ,  un violon, un clavier ,   des micros , un énorme appareil, style phonographe des années passées avec platine à 33 tours pour les disques vinyles...Et ca décolle !

     Riton Liebman gagne le devant de la scène  avec  un regard faussement  très dur  et sort ses premiers mots qui nous font rire !

     Il raconte ! Il raconte avec haine , avec amour, avec délicatesse, avec véhémence , avec beaucoup d’humour, avec parfois violence, avec humanité , il nous raconte sa vie devenue un spectacle de théâtre !

    Il nous fait rêver car plusieurs de ses propos nous replongent  dans notre vie à nous, des moments dramatiques,  des moments drôles, nous finissons  par revivre, le temps d’un instant notre  propre vie et de retrouver notre famille, notre mère , notre père , et comme lui, notre prime jeunesse...

    Dans la rue  une vieille dame s’adresse à Liebman :  « Monsieur Liebman, c’est dommage que vous ne soyez pas mort à Auschwitz »...

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     Riton Liebman : C’est l’histoire de mon père, cet enfant juif qui a traversé le nazisme en perdant son grand frère. Mais pas seulement, il y a autre chose aussi. Il y a ma mère  mes sœurs , les cousins , la communauté juive de Bruxelles , avec ses membres dont certains l’adoraient et d’autres  le détestaient jusqu’à vouloir sa disparition...

    Et puis,  il y a moi,  ce petit garçon qui adorait son père ,  qui le suivait partout , puis qui a changé.

    Quand mon père est mort , j’avais vingt-d ux ans , c’est-à-dire que je n’étais plus un petit mais j’étais quand même un gamin.

    A vingt deux ans, je voulais sortir dans les bars , être connu et faire la fête avec mes copains.

    La mort de mon père a un peu cassé la fête et aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a pas mal de choses à raconter. Il y a tant à dire sur son parcours, sur le mien, sur les rapports entre un homme et son enfant, entre ce grand homme , ce visionnaire politique et cet adolescent qui essaie d’exister. 

    Que reste-t-il de cette période où j’écumais les manifs avec mon père et ses étudiants ? Je suis encore à gauche certes mais jusqu’à quel point ?

    Aujourd’hui j’ai un fils moi aussi et je vois combien, même si nous nous aimons  il est important pour lui de se faire ses propres opinions. Du coup, j’essaie de l’écouter. Parfois, je m’écarte, je lui fais de la place, j’essaie de ne pas  l’écraser...

    Riton Liebman est passionnant à écouter et aussi à regarder , lui tellement plein d’expressions, de mouvements ,  de réactions.

    Un  tout grand comédien !

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     Tout ce long travail est à partager en trois personnes : lui , Liebman  qui a eu cette idée de faire revivre son père par la parole,  son metteur en scène David Murgia, ce jeune comédien tout à fait exceptionnel que nous retrouvons dans de nombreux spectacles, et son musicien Philippe Orivel : auteur, compositeur , interprète , scénographe , créateur de lumières et régisseur. Il sort des sons vivants, surprenants avec sa guitare.


     

    GENERIQUE

     Une création de Henri Liebman et David Murgia

    Texte et Interprétation : Henri Liebman

    Collaboration à l'écriture et mise en scène : David Murgia

    Composition  et interprétation musicale : Philippe Orivel

    Assistante à a mise en scène : Yannick  Duret et Aurélie Alessandroni

    Scénographie  : Sarah de Battice

    Création lumières et video : Gwenaël Laroche

    Régie lumière et video : Gwen Laroche et Arnaud Bogard

    Régie son : Benoît Pelé

    Un très beau spectacle rare, percutant, que je vous propose de voir dans l’immédiat.

    Faites-moi confiance , c'est un spectacle vraiment intéressant , tout à fait remarquable sur tous les plans.

    LIEBMAN, RENEGAT

    Jusqu'au 07/05/16

    THEATRE GRAND VARIA

     Rue du Sceptre 78 – 1050  Bruxelles

    Infos Réservations : 02 640 35 50

    Amis de l'émission/blog quotidienne, merci  de votre présence.

    Notre moment de séparation : Une grand soirée  ce mercredi soir sur ARTE/BELGIQUE, à  partir de 20h55:

    Diffusion  du film de Kenneth Branagh " BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN  " avec Branagh , Emma Thompson et Denzel Washington.

    Un film à partir de l'oeuvre de Shakespeare.

    Tonique et vivifiant !

    S'enchaînent un documentaire inédit " SHAKESPEARE EST-IL MORT  ?"(22h4O) , à la suite duquel  Arte propose un téléfilm dramatique d'Achim Bomhak , toujours axé sur ce grand écrivain-dramaturge du 17ème siècle  " LA DERNIERE TOURNEE DE SHAKESPEARE "

    Bonne soirée !

    A tout bientôt !

    Roger Simons




     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

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