DESTIN -FABRICE GARDIN - (THEATRE DES RICHES-CLAIRES)+CELINE DION

 (republication)

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C'est écrit ! C'est un cri! un écit tendre, sensible et féminin.

Quelques faisceaux de lumière éclairent des bouts de la scène. On aperçoit dans la pénombre une femme, allongée sur le sol face aux spectateurs, immobiles, le regard fixant un point invisible.

 21h05. Silence. Projos braqués sur une autre femme...

 Dominique : En entrant, déjà je savais qu’il y avait quelqu’un. J’ai senti sa présence. Je savais qu’il y avait quelqu’un J’en étais certaine. Je ferme toujours ma porte à clé. Toujours. Et là, je n’ai eu qu’à pousser.

Doucement. Je n’ai pas eu peur, c’était…comme une présence amicale…Là , quelque part , il y avait une respiration saccadée. Je ne sais pas qui était la plus effrayée, elle ou moi. Oui, je dis bien elle. C’était une femme. Je n’en ai jamais douté.

 «Destin », une pièce écrite par Fabrice Gardin , auteur belge, licencié agrégé en journalisme et communication et qui associe à son travail quotidien au Théâtre Royal des Galeries (responsable de la communication et des relations publiques) sa passion pour le théâtre et pour l’écriture théâtrale. J’avais eu l’occasion de découvrir ses adaptations de « Candide » (Voltaire) et « Le Tour du Monde en 80 Jours » (Jules Verne). Il a aussi écrit deux autres pièces que j’avoue ne pas connaître : « Anna Star » et « Les inconsolables ».

 DESTIN, DEUX FEMMES

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 Un texte d’une grande sensibilité qui nous rappelle avec humour et tendresse que parfois de simples rencontres peuvent  bouleverser toute une vie.

Dominique : Je m’appelle Dominique. Je suis historienne de l’art, responsable de la section Art moderne du Musée de la ville C’est un travail très enrichissant. Je rencontre beaucoup de monde, je voyage, je côtoie des artistes .Je vis seule. C’est une volonté de vivre seule. Je suis épanouie.

Fabrice Gardin, l’auteur,  a pensé un jour écrire une pièce pour les femmes et partant pour des comédiennes. Il a imaginé des femmes n’ayant aucune corrélation entre elles. Puis l’idée lui est venue de juxtaposer deux de ces femmes-là, de leur écrire un dialogue et de les mettre en situation mais d’une façon inattendue.

Et l’histoire s’est développée petit à petit pour aboutir à cette comédie insolite et originale

Dominique : Pourquoi m’avez-vous suivie ?

Anna : Pourquoi pas ?

Dominique : Pourquoi vous répondez toujours par une question aux questions qu’on vous pose ?

Anna : Pourquoi posez-vous des questions ?

Dominique : Parce que vous me faites peur.

Anna : Vous n’avez pas l’air d’avoir peur.

Dominique : non, c’est vrai , je n’ai pas vraiment peur. Au fond de moi , je is que je ne dois pas avoir peur

Anna : J’ai pas l’air méchante.

Dominique : Pas assez.

Anna : Je peux faire un effort .

Dominique : Pas nécessaire.

Anna : Vous comptez faire quoi ?

Dominique : Je sais pas. Prendre une douche.

 Un texte clair, incisif, ciselé en répliques concises et simples au langage de notre quotidien, allant à l’essentiel.

Une histoire qui fait sourire, une histoire qui émeut. Une histoire que l’on aurait peut-être l’envie de vivre ! Une rencontre de deux femmes totalement opposées.

Fabrice Gardin (l'auteur et le metteur en scène) : Un jour, comme un autre, on pense à Anna. Et puis , elle est là.

On ne sait pas trop quoi faire , comment réagir ! Mais on se laisse guider car on a confiance. Ou qu’on a plus d’autres solutions. Ou qu’on a envie d’y croire. Ou qu’on sait que c’est le moment, celui qu’on attendait, parfois sans plus y croire.

Parfois la volonté ne suffit plus, et on fait appel au destin. Mais peut-on sérieusement croire au hasard ou à la fatalité ? Il y a une histoire qui raconte que lorsque Dieu eut fini de créer le monde, certains anges remontèrent avec lui et d’autres restèrent sur terre et devinrent humains. Aujourd’hui, nous avons sans doute tous une part démoniaque…Car il y a une histoire qui raconte que…Qu'importe !

 DESTIN DEUX FEMMES !

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Ces deux femmes se sont-elles vraiment rencontrées ?

Durant la représentation, on observe ce face à face féminin, on écoute leurs propos , on se pose la question de savoir qui est qui ? Dominique, cela paraît évident mais Anne !!! Ou le contraire !!!

Dominique : Pourquoi êtes-vous entrée chez moi ?

Anna : La porte était ouverte.

Dominique : Pourquoi êtes-vous entrée dans l’immeuble ?

Anna : La porte était ouverte.

Dominique : Et vous cherchez quoi ?

Anna : Je cherche rien.

Dominique : Vous avez froid ?

Anna : Non.

Dominique : Vous avez faim ?

Anna : Non.

Dominique : Vous avez peur ?

Anna : On a tous peur.

 Cette pièce est pleine et de regards et de silences. Mystérieuse aussi !

 Qui est-elle, cette Anna ? Pourquoi est-elle entrée chez Dominique ? Que veut-elle ?

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 Dominique : Vous restez là ?

Anna : Oui.

Dominique : J’aimerais connaître votre nom.

Anna : Je m’appelle Anna.

Dominique : C’est joli !

Anna : Merci.

Dominique : Je m’appelle Dominique.

Anna : Oui , je sais.

Dominique : Vous connaissez mon prénom ?

Anna : Bien sûr.

Dominique : Mais qui êtes-vous ? D’où connaissez-vous mon prénom ?

Anna : De la sonnette. A côté de la porte d’entrée. En dessous du bouton, il y a écrit Dominique. Même que je me suis dit c’est sympa, elle a écrit que son prénom.

Fabrice Gardin a réalisé une mise en scène intelligente, sobre, allant dans l’intériorité de ces deux femmes , axant toute son attention à leur interprétation, proposant des silences interrogateurs qui créent une atmosphère inquiétante frôlant le suspense.

Dominique : Vous êtes jeune ?

Anna : Pas vraiment.

Dominique : Oui, c’est vrai. Pas vraiment. Vous n’êtes pas jeune mais vous n’êtes pas vieille, non plus.

Anna : Non.

Dominique : Et moi ?

Anna : Quoi, moi ?

Dominique : Je suis vieille ?

Anna : J’en sais rien, pas vraiment , non

Le plateau est éclairé par de petites lumières douces et tamisées.

Dominique : Tu viens de quelle planète ?

Anna : Celle du cœur.

Dominique : Tu vas me faire souffrir longtemps ?

Anna : Ca dépend de toi.

Dominique : Tu ne serais pas un démon quelquefois ?

Anna : C’est quoi ta définition du démon ?

 

DESTIN

Excellente interprétation de Camille Dawlat & Marie-Noëlle Hébrant

Scénographie et costumes : Lionel Lesire

Lumières : Félicien  van Kriekinge

Décor sonore : Laurent  Beumier

 Ecriture et mise en scène : Fabrice Gardin

Une écriture rare  sans fioriture .

De courtes répliques qui en disent longs.

Une production due PEG Logos et du Festival Royal des Galeries

 DESTIN/FABRICE GARDIN

(Du  20/04 au 06/05 - Du  mercredi au samedi ainsi que le lundi 17/04)

THEATRE DES RICHES-CLAIRES

Rue des Riches-Claires   24 - 1000  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 548 25 80

 

Amis de l'émission " Les Feux de la Rampe " , merci à Vous pour votre suivi et votre fidélité.

A se retrouver tout bientôt.

Notre moment de séparation : une très belle chanson de Céline Dion en lien avec le destin.

Roger Simons

  

 

 

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