• LA COMPAGNIE DES HOMMES (THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS)

     

    EDWARD   BOND / FREDERIC DUSSENNE

     

    Troisième volet, après « O Ministres intègres «  et «  Comme un secret inavoué »,  qui boucle la saison 13/14  de « L’ACTEUR ET LECRIT »

    Une pièce redoutable,  forte , d’une froideur totale,  violente , axée sur les grosses sociétés et de ce fait L’ARGENT !

     

     « Ils n’apprennent rien. Pas même le numéro tatoué sur leur bras »  (Edward Bond)

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     Synopsis :

     

    Oldfield est PDG d’une société qui produit des armes. Celle-ci vient de mettre au point un tout nouveau fusil d’assaut : l’AS42.

    Mais l’entreprise est en difficultés.

    Hammond , qui est à la tête d’un empire dans l’agro alimentaire , table sur le marché juteux que représenterait le cumul de la vente d’armes et de nourriture aux pays en voie  de développement. Il tente donc une OPA  sur Oldfield and  Co.

     

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     Le  vieil Oldfield parvient cependant à racheter lui-même la majorité des actions et à garder le contrôle de son entreprise.

    Il a adopté Léonard, que sa mère a abandonné à la naissance , et qui devrait hériter de la direction de l’entreprise après sa mort.  Le jeune homme se montre un peu pressé et demande à son père de le faire entrer immédiatement au conseil d’administration.

     

    Après avoir essuyé un refus catégorique, Léonard accepte de reprendre les rênes d’une autre société dont il ne sait pas encore que les dettes ont été rachetées par Hammond.

    Celui—ci va le faire chanter et le contraindre à lui céder Oldfield and Co après la mort de son père adoptif...

     

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    Ce n’est pas simple à suivre, à comprendre  à bien saisir ce qui se passe.

    Toutes les séquences s’enchaînent les unes aux autres sans la moindre respiration.

     

     PAUSE

     

     LA  COMPAGNIE DES HOMMES

     

    C’est un sujet intéressant  , mis en scène et en action d’une façon  par Frédéric Dussenne.

    La pièce ressemble aux grandes tragédies de Shakespeare mais ça se passe aujourd ‘hui dans le monde impitoyable des multinationales.

     

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    La pièce se déroule en « rond-carré » .Les spectateurs sont installés en   « carré ». Les acteurs se déplacent  dans le centre  de ce carré avec  tout au milieu,  une chaise de bureau. Une seule chaise !

    Il y a un va et vient constant dans cet espace.

    Il s’agit de ne pas perdre un mot car  si c’est le cas, on perd vite le fil de cette histoire corrosive.

     

    Cette  salle des Martyrs se nomme «  Atelier » qui retrouve sa vocation originale de salle de réunion . as de gradin. Les chaises  des spectateurs , à même le sol  dans un dispositif qui permet aux acteurs et aux spectateurs d’être alternativement dedans et devant. De voir et d’être vu !

     

    Un espace de confrontation, idéal pour la mise en œuvre des joutes verbales de l’agon «  bondien ».

     

     « Lorsque les créateurs refusent les concessions, ils changent la réalité »  (E.Bond)

     

     

     

     

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    Six comédiens défendent avec acharnement  cette histoire , guidés très adroitement par Frédéric Dussenne.

    C’est un travail collectif  Tout s’est construit au fur à mesure de discussions,  répétitions , idées de chacun :

     

    Christophe Destexhe ,  Benoit Van Dorslaer, Stéphane  Ledune , Fabrice Rodriguez , Michel Collige et Brice Mariaule.

     

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     Edward Bond : Tout est transformé en produit, en valeur  d’échange , et devient hideux. Toute la frénésie d’activité , de savoir-faire technologique , de puissance libérée , tous ces artefacts , ce « monde des choses »  sont comme les échafaudages qu’ont voit autour des bâtiments en construction, mas ce sont des échafaudages autour de rien ; cela ne construit pas un monde de valeurs .

    La poésie n’est plus possible aujourd’hui que si elle relève de la forme théâtrale.

     

    Un mot encore : soyez très attentif et observateur  durant le spectacle qui se joue sans entracte. Durée : 2h20.

     

    C’est long mais ça reste passionnant  jusqu’au bout ! C’est un bon suspense finalement !

     

    Traduction : Michel Vittoz

    Dramaturgie et mise en scène :  Frédéric Dussenne

    Assistant à la mise en scène : Andrés Cifuentes

    Scénographie : Vincent Bresmal

    Costumes : Lionel Lsire

    Lumière : Renaud Ceulemans

    Musiques originales : Pascal Charpentier

    Production : Géraldine Michaus

    Régie : Antoine Halsberghe

    Photos :  Emilie Lauwers

    Coproduction : L'ACTEUR ET LECRIT /THATRE EN LIBERTE

     

     

    LA COMPAGNIE DES HOMMES /EDWARD BOND/FREDERIC DUSSENNE

    THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

    Place des Martyrs  22 – 1000  Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 223 32 08

     


     

     

    Merci de votre attention et de votre fidélité.

    Tout bientôt   «  SYBILLE » la pièce qui se joue en ce moment au Théâtre des Riches-Claires.

    Avant de nous séparer , je  vous propose la vision d’extraits du film BARBECUE .

    Cela me paraît amusant et  l’excellent Lambert Wilson fait partie de la distribution.

    Bon appétit !

     

     

    Roger Simons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

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  • LE ROI SE MEURT /IONESCO (THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS)

     

    En double :

     

    A Paris avec Michel Bouquet

     

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     A Bruxelles avec Pietro Pizzuti

     

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     A Paris, dans une version traditionnelle,

     

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     A Bruxelles, dans une version moderne sans aucune trahison du texte d’Ionesco.

     

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    «  Je préfère à  l’expression absurde celle d’insolite » (Ionesco)

     

    Christine  Delmotte (metteuse en scène et scénographe): Cette insolite proposé par Ionesco,  mes amis comédiens, nous y avons plongé tout au long des répétitions.

    Ionesco a écrit cette pièce pour apprivoiser la mort, comme ce roi Béranger qui refuse d’abord d’accepter sa fin imminente, niant la fatalité pour finalement s’y résoudre, apprenant à se délecter de ses illusions.

    Ionesco décrit une expérience intime et douloureuse : son agonie à la suite d’une longue maladie, à 53 ans. Ecrite dans l’urgence en une dizaine de jours, la pièce a eu sur lui un effet thérapeutique.

    Drôle, sublime, profondément humain, cet inclassable chef-d’œuvre illumine tout le théâtre d’Ionesco par son étrange onirisme qui réussit à transmettre le choc intolérable de l’annonce d’une mort prochaine. Un texte aux résonances universelles.

     

     LE ROI SE MEURT

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     Le roi Béranger 1er règne depuis si longtemps qu’il en oublié sa condition de mortel.

    Or le royaume se dégrade et sa décrépitude n’est que le reflet de celle de son souverain.

    Il est temps pour l’intransigeante reine Marguerite et la douce reine Marie d’annoncer à leur époux le diagnostic sans appel du médecin :

    Le Roi va  mourir...Le Roi se meurt ...déjà ! Il ne lui reste qu’un temps infime pour s’y préparer.

    Affaibli et malade autant que son royaume, il s’insurge pourtant et s’accroche à un espoir insensé devant l’inéluctable.

     

    Christine Delmotte (metteuse en scène et scénographe) : J’aime travailler sur la conscience de la réalité et ses décalages. Cela permet différentes formes de théâtralités qui s’entrechoquent dans ce long rêve ou cauchemar éveillé : inventivité onirique, énergie, ironie.

    Scénographiquement, la disparition des éléments de décors, petit à petit, est essentielle. Cela nous guide vers le renoncement qu’atteindra le roi.

    « Le Roi se meurt » nous propulse face à nos angoisses de mort. Il y a des paroles fortes, pleines de sens dans cette lutte pour apprivoiser la «  faucheuse «. Ionesco s’intéresse de près à la philosophie de la spiritualité et cela s’entend dans ce qu’il tente de transmettre.

    Et j’ajouterai que dans la recherche de la compagnie Biloxi 48, cette pièce de théâtre est une évidence.

    J’ai été très touchée à la lecture de retrouver des pensées de certaines philosophies orientales. Cette démarche spirituelle est essentielle pour notre travail.

     

    EUGENE IONESCO


     

     

    Cerner et comprendre l’œuvre d’Eugène Ionesco, dramaturge roumain, né en 1912, n’est pas une sinécure. De ses premières pièces qui font scandale (La Cantatrice Chauve – 1950), l’auteur explore, par la parodie, les traditions du genre dramatique. Avec «Rhinocéros», joué en France en 1960, l’auteur connaît enfin le succès pour s’imposer une voie royale avec des œuvres comme «Tueur sans gages» (1957), «Le Piéton de l’Air» (1962) ou encore «Le Roi se meurt» (1962) Dans ces pièces, de graves questions sont abordées comme l’impossibilité d’atteindre l’absolu ou l’homme devant sa mort.

    C’est à ce thème lancinant que l’écrivain, au travers d’une fable très contemporaine, renvoie le spectateur à notre mémoire collective.

    Avec « Le roi se meurt», Ionesco signe une histoire d’une agonie tout autant que celle d’une résurrection, tenant du cheminement mystique comme du rituel carnavalesque. On assiste aux diverses étapes marquant le passage de la vie à la mort. Bérenger 1er parcourt tout le «programme» des pensées et des réactions humaines dans les derniers moments : incrédulité, révolte, désespoir, résignation, oubli, impression que tout s’anéantit.

     

     L’EXPERIENCE DE LUMIERE

     Eugène Ionesco : J’avais environ 17 ou 18 ans. J’étais dans une ville de province. C’était en juin, vers midi. Je me promenais dans une des rues de cette ville très tranquille.

    Tout d’un coup , j’ai eu l’impression que le monde à la fois s’éloignait et se rapprochait , ou plutôt que le monde s’était éloigné de moi , que j’étais dans un autre monde , plus mien que l’ancien, infiniment plus lumineux ; les chiens dans les cours aboyaient à mon passage près des clôtures , mais les aboiements étaient devenus subitement comme  mélodieux , ou bien assourdis , comme ouatés ; il me semblait que le ciel était devenu extrêmement dense , que la lumière était presque palpable, que les maisons avaient un éclat jamais vu , un éclat inhabituel  vraiment libéré de l’habitude. C’est très difficile à définir : ce qui est plus facile à dire, peut-être , c’est que j’ai senti une joie énorme , j’ai eu le sentiment que j’avais compris quelque choses de fondamental...

    Marie-Claude Hubert : De cette expérience de lumière, Ionesco a dit plus tard  dans Antitotes que c’était un « satori » , comparant ainsi la sensation éprouvée à l’état d’illumination auquel accèdent certains mystiques orientaux.

     

     


     

     

    LE ROI SE MEURT

     

    Eugène Ionesco : Je n’ai aucune conception de la mort.

    Dans ma pièce, il n’est pas question de l’apprentissage de la mort mais bien d’un désapprentissage de la vie.
    La mort n’est pas  puisqu’elle n’est rien mais c’est  ce qui m’angoisse le plus.

     

    Marguerite : Sire  on doit vous annoncer que vous allez mourir.

    Le Médecin : Hélas, oui , Majesté.

    Le Roi : Mais je le sais, bien sûr. Nos le savons tous. Vous me rappellerez quand il sera temps. Quelle manie avez-vous Marguerite, de m’entretenir de choses désagréables dès le lever du soleil.

    Marguerite : Il est déjà midi.

    Le Roi: Il n’est pas midi. Ah si, il est midi. Ca ne fait rien. Pour moi, c’est le matin. Je n’ai encore rien mangé. Que l’on m’apporte mon breakfast. A vrai dire, je n’ai pas trop faim. Docteur, il faudra que vous me donniez des pilules pour réveiller mon appétit et dégourdir mon foie Je dois avoir la lange saburrale, n’est-ce pas ?

    Le Médecin : En effet Majesté.

    Le Roi : Mon foie s’encrasse. Je n’ai rien bu  hier soir, pourtant j’ai un mauvais goût dans la bouche.

    Le Médecin : Majesté, la reine Marguerite dit la vérité , vous allez mourir.

    Le Roi : Encore ? Vous m’ennuyez ! Je mourrai, oui, je mourrai. Dans quarante ans, dans cinquante ans , dans trois cents ans. Plus tard. Quand je voudrai. Quand j’aurai le temps. Quand je le déciderai !

    En attendant  occupons-nous des affaires du royaume...

     

     LE ROI SE MEURT !

     

    Un chef d’œuvre ! Un texte  brillant, émérite, éclatant !

    Une mise en scène et une scénographie tout à fait remarquables de Christine Delmotte.

    Une interprétation extraordinaire, fulgurante, éclatante de Pietro Pizzuti.

     

    Pietro Pizzuti , comédien, metteur en scène, dramaturge, né à Rome le  juillet 1958.

     

    Je suis sa carrière depuis ses débuts. Cela fait loin. Pietro ne m’a jamais déçu. Au contraire, il m’a toujours étonné.

    Pietro, toujours souriant, toujours aimable, toujours modeste , toujours chaleureux, toujours accueillant , toujours généreux,  toujours fantastique, toujours super actif.

    Son interprétation  du Roi dans cette pièce d’Ionesco, est unique.

     

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    Pietro : «  Le spectacle, c’est un miracle chaque jour ! 

     

    On pouvait penser, quand on appris la programmation de cette pièce aux Martyrs et la distribution établie par la metteuse en scène que Pietro était beaucoup trop jeune pour jouer ce personnage, au bord de la mort.  Et on pensait au grand comédien qui le joue à Paris, Michel Bouquet, lui très âgé.

    Mais on ignorait alors le travail  d’adaptation  de Christine Delmotte, son idée formidable  de «bousculer »  la tradition , de donner un sang neuf à la pièce , de la faire jouer moderne sans pour autant retirer le moindre mot du texte d’Eugène Ionesco.

    Du coup,  Pietro Pizzuti   s’imposait pour faire vivre (et mourir) le Roi Béranger !

     

    VOICI COMMENT COMMENCE LE SPECTACLE...

     

    Les lumières nous plongent dans une grande pièce, disons un salon. Plusieurs femmes s’agitent, une autre   prend les poussières...

    Nous portons ensuite nos regards sur cet homme relativement jeune qui  écrit, serré, sur son ordinateur. Puis, il se calme, s’arrête et s’endort. Et l’on peut imaginer – car tout le spectacle est dans l’imaginaire – qu’il est entré dans un  rêve, un rêve difficile comme  la plupart des rêves. ..Il se lève brusquement, et devient Le Roi Béranger !

    Un roi qui n’a pas d’âge mais qui est effrayé par la mort.

    Il  se précipite vers  les femmes devenues  Reine Marguerite , Reine Marie , une doctoresse, une infirmière ...

    Il virevolte dans tous les sens. Il court....Il court ! Il court ! Il tombe sur le sol, se relève,  retombe,  se relève plusieurs fois.

    Nous sommes dans un rêve : tout peut arriver, se faire, se défaire, mais ne peut modifier le texte d’Ionesco.

    Et c’est ça qui est aussi extraordinaire : de voir et écouter ces acteurs  jouer un texte classique  dans des mouvements qui sont ceux d’aujourd’hui et dans des  costumes sans date.

     

    Christine Delmotte (metteuse en scène et scénographe)  J’ai voulu faire vivre cette histoire d’Ionesco comme un rêve, entre deux moments de lucidité.

    Comme vous l’avez écrit, un  homme tente d’écrire...il rêve qu’il doit mourir, il meurt...et se réveillant, il arrive à écrire. Qui sont ces personnes qui l’ont accompagné » ? Des parties de lui-même ?  Sa propre construction d’une réalité ?

     

    Dans «  LE ROI SE MEURT"  , Ionesco imagine un univers insolite , dans lequel évoluent des êtres fictifs  dont son double, qu’il manipule, observe à distance, expose au rire ou à la pitié et soumet à l’épreuve de la mort.

    Une expérience intime et douloureuse, drôle, sublime, profondément humaine, de nos angoisses, voire de nos terreurs : un chef  d’œuvre.

    A ne pas rater, sous aucun prétexte !!!

     

     LE ROI SE MEURT

     Eugène Ionesco/Christine Delmotte

     Avec

     Valérie Bauchau : La Reine Marguerite, deuxième épouse du roi Bérenger 1er

    AnaïsTossings : La Reine Marie  deuxième épouse du roi Bérenger 1er

    Catherine Decrolier : la doctoresse, qui est aussi chirurgienne, bactériologue et astrologue

    Flora Thomas : Juliette  femme de ménage, infirmière

    Fabian Finkels : le garde

    Avec 

    PIETRO PIZZUTI : Béranger 1er, le Roi

     

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    Mise en scène et scénographie : Christine Delmotte

     

    Eclairage et direction  technique : Nathalie Borlée

    Collaboration scénographique : Noémie Vanheste

    Collaboration à la bande son : Fabian Fikels

    Assistanat à la mise en scène : Anna Giolo

    Régie : Bruno Smit

    Régie plateau : Cassandre Mallet

    Régie costumes : Cécile Manokoune

    Coordination, relations publiques et graphisme: Charlotte Dumont

    Stagiaires : Margaux Geve , Laurie Gysen, Eléonore Gyselinck, Marie Ghaye , Jean-François Rolan, , Cédric Celorio

     

    Production : Biloxi 48 en coproduction avec le Théâtre de la place des Martyrs.

     

     LE ROI SE MEURT / IONESCO  / CHRISTINE DEMOTTE

    Jusqu’au 25 mai 2014

     

    THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

    Place des Martyrs 22  - 1000  Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 223 32 08

     

    Un mot encore.  Pour moi, l’une des plus belles scènes est  la toute dernière entre la Reine Marguerite et le Roi !

     

    Marguerite : (au Roi) Regarde ce miroir sans image... reste droit...Donne-moi tes jambes, la droite  la gauche...Donne-moi un doigt, donne-moi deux doigts...trois...quatre...cinq les dix doigts...

    Abandonne-moi le bras droit, le bras gauche , la poitrine, les deux épaules et le ventre...Et voila tu vois , tu n’es plus la parole, ton coeur n’a plus besoin de battre , plus la peine de respirer. C’était une agitation bien inutile, n’est-ce pas ? Tu peux prendre place...

     

     

     


     

     

    Merci de votre attention et fidélité.

    Je vous retrouve tout bientôt avec  la pièce d’Edward Bond : «  La Compagnie des hommes » toujours au Théâtre de la place des Martyrs. (la petite salle)

     Comme moi, vous avez certainement appris la mort de Micheline Dax

    Elle avait 90 ans ! Qu’est-ce qu’elle nous a fait rire !

    Elle avait enregistré, il y a de cela  bien longtemps ,  cette belle chanson américaine qui a fait le tour du monde «  Over the rainbow ».

    C’est Judy Garland qui l’avait chantée à sa création Mais ici, Micheline la « siffle ». Adieu Micheline !

     

     

    Roger Simons

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • MADE IN CHINA /THIERRY DEBROUX (THEATRE ROYAL DU PARC)

     

    CREATION EN BELGIQUE

     

     

    La nouvelle pièce de Thierry Debroux , directeur du théâtre, mise en scène par Peggy Thomas.

    Primée à Paris, ovationnée au Festival d’Avignon, traduite dans plusieurs langues, cette pièce connaît un brillant succès depuis près de quatre ans. Et incontestablement, elle le mérite.

     

     

     

     

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    Thierry Debroux ( directeur et auteur) :  Les comédiens que vous allez découvrir dans cette pièce n’ont jamais joué au Théâtre Royal du Parc, à l’exception d’Adrien Drumel que l’on a pu découvrir cette saison dans le rôle de Valère du « Tartuffe » de Molière.

     

     

    Jean-Pierre : Une mouche dans l’urinoir ! Machinalement, je dirige mon jet vers l’insecte. Tu aurais fait pareil...nous les mâles de cette planète auraient fait pareil. Et là je me rends compte que ce n’est pas une vraie mouche mais un trompe-l’œil.

    Tu imagines : un trompe l’oeil de mouche dans un urinoir ! Et dans l’urinoir d’à-côté...pareil ! La même mouche au même endroit. Et moi, comme un mouton, je pisse droit sur cette mouche et donc je pisse...propre. Pas une goutte à côté.

    J’imagine des gars autour d’une table se creusant la cervelle pendant des heures pour trouver un moyen de m’obliger à pisser là où ils veulent...et puis d’un coup un petit génie qui se lève et qui hurle :  Et si on dessinait une mouche ! »

    Et voilà où nous en sommes ! La société nous prend par la bite et nous dit : «  C’est là que tu pisseras et pas ailleurs ! » Terrifiant, non ? On est coaché même pour pisser...

     

     


     

     

    « MADE IN CHINA » aborde  un sujet sur ce que vivent beaucoup de personnes : le stress de perdre son emploi, la peur de ne pas convenir, les  mises au placard, et ce, de plus en plus jeune, le harcèlement moral, et  une certaine logique de l’économie de marché qui broient physiquement et mentalement les individus, les familles  les couples...

     

    Le problème a été aussi la difficulté d’aborder ces problèmes  sans en faire un documentaire utile mais ennuyeux, peu théâtral.

     

    Thierry  Debroux a traité ce problème avec finesse, sagacité  subtilité et humour.

     

     

    RESPIRATION CHINOISE

     


     

     

     

    RESUME COMPRESSE

     

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    Une société de traitement de déchets délocalise en Chine.

    Lisa, une brillante DRH...

    DRH : Directeur ou Directrice des Ressources Humaines

    ...est embauchée pour choisir qui des cadres de l’entreprise sera détaché pour former les salariés locaux.

    On lui propose trois candidats : un homme de 50 ans avec une longue expérience , Jean-Pierre ; deux jeunes cadres dont l’un est un grand anxieux et l’autre a un profil de jeune loup , Philippe et Nicolas.

    Pour les départager, elle utilise des méthodes de management étonnantes, telles que les soumettre à des exercices de Kendo, de karaoké, ainsi qu’à des séances d’expression spontanée très inattendues.

    Elle engage Sophie, une des secrétaires de l’entreprise pour l’assister dans sa mission et surveiller les candidats en son absence.

    Lisa séduit Nicolas et fait voler en éclats le couple qu’il essaye de former avec Sophie...

     

    Et ici  commence  l’histoire  remarquablement écrite par Thierry Debroux et mise en scène avec intelligence et invention  par Peggy Thomas.

     

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    Philippe : Si ça se trouve le DRH ...ce sera un Chinois.

    Jean-Pierre : Arrête de faire dans ton froc...tu  vas salir tes chaussures italiennes. La merde aussi...ça subit l’attraction universelle.

    Nicolas : Oh là les gars...on se calme ! Cohésion ...Jamais oublié le mot miracle : cohésion. Tous pour un. Un pour tous. Sinon on ne fera pas le poids et on sera bouffé tout cru.

    Jean-Pierre : On a déjà été bouffé tout cru. On est déjà dans le ventre du dragon.

    Philippe : Faut pas se leurrer les mecs. Y en a au moins un de nous qui va morfler.

    C’est pas de la parano, c’est de la statistique ! Là le dragon digère mais quand la digestion sera terminée, faudra bien qu’il expulse l’excédent humain. Je vous préviens...cohésion ou pas...je me battrai comme un lion pour le garder ce job.

     

     

    Un langage qui en dit long  sur ces trois hommes. Un texte serré, acharné. L’ensemble parsemé d’humour, en petites doses.

     

    Adrien DRUMEL joue cet homme  d’une petite trentaine, Nicolas, vigoureux,  volontaire, dragueur, qui espère  bien être  celui qui sera désigné pour se rendre en Chine.

     

    Itzik  ELBAZ  joue l’homme inquiet d’une quarantaine d’années, Philippe. Son physique émouvant  et son regard pénétrant conviennent bien  au personnage de Philippe

     

    Eric  DE STAERCKE  est Jean-Pierre, la cinquantaine, exubérant, qui n’a peur de rien ni de personne.

     

    Ces trois comédiens  s’intègrent  à merveille dans la peau de leur personnage.

    C’est à ces trois hommes  que se joignent  Sophie Descamps, Lisa dominatrice, autoritaire, dictatoriale, amoureuse,  et Fanny Dumont,  la secrétaire qui surveille les candidats...

     

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    DEUXIEME RESPIRATION CHINOISE

     


     

     

     

    GROS PLAN : PEGGY THOMAS

     

    Comédienne, directrice du Théâtre de la Vie, metteuse en scène, nous montre avec « MADE IN CHINA » son  travail de metteuse en scène rigoureuse, précise, diablement  talentueuse.

    Elle a dirigé ses cinq acteurs avec passion, ardeur,  enthousiasme.

    C’est plein de trouvailles, de  quelques gags  qui se greffent sur des propos sérieux, importants. Elle mérite  nos bravos, tout comme les cinq comédiens.

     

    Peggy Thomas : Mettre en scène le texte de Thierry, c’est chorégraphier une « gudian wu dao » ou une «  minjian wu dao » entre toutes les émotions par lesquelles je suis passée en me plongeant dans sa pièce «  MADE IN CHINA », et les problématiques que la pièce soulève, et faire voyager les spectateurs dans un ballet dramatique et folklorique «  made in China » : «  Dansons, dansons, tant que nous pouvons , pourvu qu’il nous reste la télévision »

     

     

    INFO DU PASSE

    «  Vu le nombre de Chinois, lorsqu’ils auront atteint une culture et une technologie suffisantes, ils pourront imposer leurs idées  au reste du monde «  (Alain Peyrefitte- 1973)

     

     

    DECOUVERTE : LE BURN-OUT

     

    Le burn-out est devenu un concept très médiatisé. Le mot est utilisé quotidiennement dans la presse et dans la vie de tous les jours. S’il est bien d’être informé au sujet de ce mal de société qui touche de plus en plus de travailleurs , le burn-out subi les conséquences de cette popularité.

    Le constat  est qu’en fait le  burn-out reste encore mal connu, devenu une notion «  fourre-tout » et le terme est régulièrement utilisé à mauvais escient.

     

     


     

     

     LA DRH VA FAIRE SON ENTREE...

     

     

    Jean-Pierre : C’est quoi ce dossier ?

    Nicolas : Une application du principe de Dilbert : « Ne jamais circuler dans un couloir sans un dossier sous le bras. Les employés qui ont les bras chargés de dossiers ont l’air de se rendre à une réunion importante. Ceux qui passent avec le journal ont l’air de se rendre aux toilettes.

     

    (A retenir pour tous ceux qui se trimballent dans les longs couloirs de leur entreprise...)

     

    ELLE ENTRE...

     

    Lisa : Je suis Lisa Degroot . Bien entendu, vous m’appellerez Lisa. Pas de chichi entre nous. Et avant toute chose, je voulais vous présenter les salutations de Monsieur Yu, votre nouveau président, qui s’excuse de ne pas être là aujourd’hui mais une affaire urgente le retient à Shanghaï. Il vous prie d’accepter ce modeste cadeau. Une petite édition très intéressante des préceptes de Confucius. Qui veut tenter de comprendre l’âme chinoise ne peut faire l’économie de se frotter à l’esprit de son Maître à penser.

    Monsieur Yu désire créer dans les plus brefs délais possible une filiale de votre entreprise à Shanghaï

    Nous aurons donc besoin d’un homme compétent qui puisse former les futurs cadres. C’est la raison pour laquelle je vous ai convoqués ce matin. Je suis chargée de déterminer qui, parmi vous trois, sera ce formateur que nous cherchons.

     

    Impressionnante cette Lisa qui va s’intéresser de «  très près »  au jeune Nicolas !

     

    Et tout va se dérouler dans une ambiance surchauffée...Quel sera le  nommé ?

     

    Thierry Debroux  décortique  remarquablement  ces trois hommes, leur caractère, leur possibilité, leur façon de s’intégrer ou le contraire.

    Il les montre se débattant  férocement, mais toujours avec  un certain humour.

     

    Jean-Pierre (le rigolo) : Deux milliards de stylos à billes par an qu’ils fabriquent les Chinois ! Et 29 milliards de boutons !  Tu te rends compte, mon ange...29 milliards ! La moitié des godasses de l’univers viennent de là-bas. S’il y a une autre race intelligente quelque part dans les étoiles  je parie qu’ils se fournissent en Chine !

     

    Lisa  va apprendre, ou tout au moins essayer d’apprendre le chinois  à nos trois candidats. C’est pas évident.

     

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    Lisa : « Ni h ‘ao »   veut dire «  Bonjour, comment ça va ? »...etc

     

     

     

    S’en suit  une foulée de mots et d’expressions que nos trois hommes vont  essayer de prononcer et de retenir. A mourir de rire !

     

    Jean-Pierre : Elle est forte, putain ! Vous avez vu ça comme elle a manoeuvré. Elle nous fait lâcher toutes nos conneries et puis vlan..uppercut en plein plexus.

     

    Thierry Debroux évoque aussi le surprenant  texte prononcé par le grand patron d’une multinationale de l’horlogerie chinoise...Et bien d’autres  choses encore...

     

    J’ai toute votre attention, je l’espère,  mais  rassurez-vous, je ne vais tout vous dévoiler. Allez voir la pièce, je vous jure que vous ne le regretterez  pas  C’est génial !

    Vous aurez également l’occasion de suivre l’apprentissage d’un mouvement de Kendo.

     


     

    Nicolas : Qu’est-ce qu’on s’amuse, putain !

    Lisa : Placez-vous Messieurs...côte à cote. A votre  rythme , chercher le mouvement  et chercher le cri !

     

     

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    Et encore quelques mots tout de même...

     

     Lisa : Shanghaï , c’est comme une drogue dure. Quand on y goûte,, on ne parvient plus à décrocher. On sait bien qu’avec cette saloperie de pollution, on est tous en train de se fabriquer un petit cancer mais on reste quand même. On danse sur le volcan. L’Asie n’a aucune leçon à recevoir de l’Occident, Jean-Pierre. Tu pollues je pollue, nous polluons... Tous sur le même navire !

     

     

    Le décor mobile est bien conçu et donne des possibilités  de changer de lieu des plus rapides.

    Les lumières  sont  surfines et jouent un rôle important durant le déroulement de la pièce.

     

    La fin de la pièce est quelque peu inattendue .Une idée remarquable de l’auteur !

    Qui va se rendre à Shanghaï ?  Que vont-ils devenir : Nicolas ?   Jean-Pierre ?  Philippe ?

     

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     MADE IN CHINA / THIERRY DEBROUX

     

    DISTRIBUTION

     

    Lisa : Sophie DESCAMPS

    Jean-Pierre : Eric DE STAERCKE

    Philippe : Itsik ELBAZ

    Sophie : Fanny DUMONT

    Nicolas : Adrien DRUMEL

     

    Mise en scène : Peggy THOMAS

     

    Assistanat : Jean-Marc AME

    ScénogRaphie : Vincent BRESMAL

    Costumes : Samuel DRONET

    Réalisation des costumes : Sophie SEYLI, Elise ABRHAM  et les stagiaires : Marie DOHET  et Pau

    Création musicale : Jean-Marc AME

     

    Direction technique : Gérard  VERHULPEN

    Régie : David LEMPEREUR

    Régie lumières : Noé FRANCQ

    Régie son : Jeremy VANOOST

    Régie plateau : Cécile VANNIEUWERBURGH 

    Accessoiriste : Zouheir FARROUKH

    Habilleuse : Elise ABRAHAM

    Menuisiers : Yahia AZZAYDI, Shaban   REXHEP, Patrick  CAUTAERT.

     

    Photos : Isabelle De Beir

     

    (Avec de larges extraits du texte de  la pièce de Thierry Debroux publiée aux Editions Lansman)

     

     

    MADE IN CHINA

    Jusqu'au 24 mai 2014


     

     

     

    THEATRE ROYAL DU PARC

    rue de la Loi   - 1000  Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 505 30 30

     


     

     

     Le spectacle se termine avec cette chanson de  Daniel Balavoine.

     

    Merci  de votre attention et de votre fidélité.

    Je vous retrouve tout bientôt avec  la pièce d’Ionesco «  LE ROI SE MEURT » (encore une pièce chef d’oeuvre !)  Jouée au Théâtre  des Martyrs avec dans le rôle  du Roi : le fulgurant  Pietro Pizzuti !

     

    Pour rappel  mardi prochain à 20 heures à Flagey , studio 4 :  LA ROZA FLORESE. Un concert superbe.Vous pouvez en reprendre connaissance en cliquant à droite sur  «  notes récentes »...

     

    Bon  week-end ! 

     

     

    Roger Simons


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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