• COQUINS COQUINES...TAQUINS TAQUINES...A L'XL THEATRE ...

     


    DU GRAND MIDI...


     

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    Avec un titre pareil, et qui n’est pas gonflé pour autant, faites-moi confiance,  c’est un fameux cadeau que nous fait  Bernard Damien pour son avant-dernier spectacle bruxellois avant de quitter la Belgique définitivement.

    Il va nous manquer ce Théâtre de qualité, où l’on a eu l’occasion de voir des spectacles formidables choisis, écrits, mis en scène, joués parfois par Bernard Damien.

    Le saviez-vous ?  C’est lui qui a innové, il y a quelques années,  « le théâtre en appartement ». Dans un appartement qui était le sien et où il plaçait  une trentaine de spectateurs. On y passait de bons  moments ...Serrés les uns contre les autres.

    Puis est né Le Théâtre du Grand Midi, au midi comme  et ensuite  L’XL Théâtre du Grand Midi , dans le quartier  d’Ixelles.

    Je vous invite à lire le texte qui va suivre  en musique qui créée une ambiance relaxante, amoureuse et sensuelle !


     

     

    COQUINS  COQUINES

     « Rien ne ressemble tant à un honnête homme qu’un coquin qui connaît son métier » (Georges Sand)

    TAQUINS  TAQUINES

     « Taquiner  le corbillard »(Marcel Aymé)

     Mais ici, dans ce spectacle, tout est galanterie  jouée, chantée ou inspirée...

     

    MAIS  LE TEXTE RECUPERE PAR BERNARD DAMIEN  SE FOCALISE SUR LE MOT : « BAISER »

     

     « Baiser ou faire l’amour...

     « Ma femme aime se faire baiser...

     « Je baise,  tu baises, elle baise, nous baisons...

     

    Ce verbe « osé » est répétitif dans la pièce ! Tant par les femmes que  par les hommes !


    Bernard Damien : Que vos lecteurs se rassurent : c’est un spectacle gentiment et joyeusement polisson, traité avec  humour et délicatesse.

    Je vous invite à partager quelques confidences réservées aux adultes. J’ajoute  encore ceci : c’est un bien agréable moment d’espièglerie délicieusement dérobé à l’intimité de paravents faussement opaques...

     

     QUATRE GRANDS SONT DESCENDUS A L’XL THEATRE

     

    Gabriel Charles de Lattaignant , mieux connu sous le nom de l’abbé Lattaignant, chansonnier et poète  du 17 ème siècle,

    Boccace, écrivain du 14 ème siècle,

    Esope, écrivain grec de – 620 avant J.C,

    Jean de la Fontaine, fabuliste et poète français du 17 ème siècle.

     Ce sont ces personnalités-là auprès desquelles Bernard Damien a fait de nombreuses recherches.   A  voir  absolument.


     

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    CINQ  ARTISTES  SE SONT INSTALLES  SUR LE PLATEAU DE L’XL THEATRE POUR UNE QUINZAINE DE JOURS :

     

    Anne-Marie Cappeliez (la marquise)

    Amélie Segers (la comtesse)

    Francis Besson (le baron)

    Raffaele Giuliani (le vicomte)

    Johanna de  Widt (la claveciniste)


     

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    UN SIXIEME COQUIN

     

    Celui qui a fait des recherches,  collationné les nombreux textes, écrit une adaptation théâtrale, réalisé une mise en scène vivante, croquante, c’est bien évidemment Bernard Damien,  coquin en diable.



     

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    Le thème principal, c’est le MOT  et la CHOSE de Monsieur l’Abbé L’Atteignant...




     

     Dans le spectacle de l’XL THEATRE, c’est Francis Besson qui nous « remue » avec ce  texte quelque peu érotique, pour ne pas dire plus...


     

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    Quel est l’acteur qui n’a jamais dit ce texte au cours de sa carrière ?

    Quel est l’homme qui n’a jamais osé  le dire à sa femme ou concubine ?


     COQUINS  COQUINES...

     

    Bernard Damien : Il n’y a pas que ces textes «  chauds chauds », il y a aussi les chansons  dont la grande majorité sont de grands  classiques   « pervertis » par l’esprit égrillard et paillard venant même du Haut Moyen Age !


     

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     La scénographie colle parfaitement à cette pièce  libertine avec ses nombreux paravents, quelques sièges recouverts de broderie, tapis au sol. Un Jardin intérieur style XVIII Siècle, chic et de bon goût, des chandeliers sur des tables basses, quelques  jolies vaisselles...et d’autres encore...d’autres   « choses » sans le «  mot »...

     

     

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    IXELLES/BRUXELLES/RUE GOFFART/L’XL THEATRE DU GRAND MIDI 

     

    Rendez vous dans ce théâtre  au plus vite  et vous  verrez comme moi ce merveilleux  plateau devenu appartement de luxe.

    Et sur quelques accents musicaux joués au clavecin, avec une lumière douce, apparaissent  les quatre personnages qui sautent et rient...

    Le «  baron «  qui claudique pose la première question essentielle de la pièce :

     

    Baron (s’adressant à la  jeune comtesse) : Madame ? Madame ? On vous a dit souvent le mot (la comtesse disparaît, apparaît  la marquise)

    Madame...on...on...vous a dit... souvent le mot ?

    La Marquise : On m’a fait souvent la chose...


     

    Ils sont magnifiques tous les quatre, épousant avec  talent  la silhouette, la démarche, le ton  des personnages de ce Siècle lointain.C’est d’une gaîté totale !  Une heure d’un plaisir  jouisseur !


     

     

     

    Merci et bravo  aux acteurs qui seront heureux de vous  voir  dans la salle de L’XL THEATRE DU GRAND MIDI,  l’un de ces prochains soirs à 20h30(sauf le lundi) avec une matinée unique le dimanche 06/10 à  16h (Quel fameux dessert).


     

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     Bondissez sur votre téléphone pour  la réservation immédiate de vos places : 02 / 513 21 78  ou 0475 519 118.

     

    COQUINS COQUINES – TAQUINS TAQUINNES

    Jusqu’au 12 octobre 2013

    Rue Goffart  7 a – 1050  Bruxelles

    Infos/Réservations : 02 / 513 21 78


     

     

    Marquise/Comtesse : Que c’est bon d’être demoiselle

    Car le soir dans mon petit lit

    Quand l’étoile Vénus étincelle

    Quand doucement tombe la nuit

     Marquise : Je me fais sucer la friandise.

     Je me fais caresser le gardon

     Comtesse : Je me fais empeser la chemise

    Je me fais picorer le bonbon



     

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                      (credit/photos :Paul Freitas)

     

     

    CE QUI VA SUIVRE EST INTERDIT AUX MOINS DE  14 ANS.

     

     Roger Simons, le polisson

     

     

     

     

     

     

     

     



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  • ECLATS DE RIRRRES A L'XL THEATRE

     

    XL THEATRE DU GRAND MIDI

     

    Bernard Damien avait créé un théâtre du côté du midi...de Bruxelles. C’était  Le Théâtre du Grand Midi. Changement ! Il doit abandonner son théâtre et en créer un autre, cette fois dans le quartier d’Ixelles. D’où l’XL THEATRE...DU GRAND MIDI.

     

     ECLATS DE RIRRRES

     

     

     

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    L’un des derniers spectacles de Bernard  qui va quitter  définitivement la Belgique pour vivre une nouvelle vie théâtrale dans le Midi de la France.

    Mais avant de nous «  abandonner », il nous propose quatre spectacles.

    Une note est parue sur ce blog avec le premier :« Le printemps du monde »  de Pablo Neruda.

     Si cela vous intéresse, vous le savez, il vous suffit d’inscrire la note dans «  rechercher »   au bas de la colonne droite.

     

     

     

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    J’ai vu  samedi dernier le deuxième spectacle :« Eclats...  produit par la Cie des Plumes.

    Ils sont deux pour  jouer cette pièce, je devrais plutôt dire : des « Interludes «  (bribes de pièces ou petits sketchs) écrits par le tout grand Gorges Feydeau en fin  du 19 ème siècle.Je ne connaissais pas ces pièces-là. Il est vrai que je n’étais pas encore né !C’était une façon de distraire et faire passer agréablement le temps auprès du public lorsque l’on procédait à des changements de décors, de mobilier...C’est d’un drôle incroyable ! Et les deux acteurs  ont du talent et sont amusants. C’est un couple, Amélie Ségers et Raffaele Giuliani, tous deux originaires d’Italie.

    Ils interprètent, dans une série  de sketchs, une volée de personnages  complètement dingues...

     

     

     

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    Ils virevoltent tous deux de jeux d’esprit en jeux d’esprit. Sous la plume de Feydeau , vous pouvez imaginer ce que cela donne !

     

     

     

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    Il est impossible de vous raconter ces petits bouts de rires. Par contre, vous allez pouvoir en juger  grâce à la vidéo réalisée par notre ami Paul.


     

     

     

     

    S’ils  donnent à nouveau leur spectacle, je vous en ferai part.

    Cela dit, ils participeront  au troisième et avant-dernier spectacle de Bernard Damien : «  Coquins coquines » , des galanteries inspirées des Contes de La Fontaine  , Esope...etc.Du 27 septembre , vendredi prochain donc, jusqu’au 12 octobre. Vous serez mis au parfum dès samedi sur  mon blog des  "Feux de la Rampe »

    Deux autres comédiens que vous connaissez tous font p


    TOUT A UNE FIN...

     

    Et , hélas , le dernier spectacle de Bernard , du 15 au 25/10 : «  AINSI PARLA  ZARATHOUSTRA »      .

    A noter dès à présent. Réservez au 02 / 513 21 78.

     

     

     

     Les photos  et video d’Amélie Ségers et Raffaele Giuliani   sont signées : Paul Freitas.

     

    Merci de votre attention.

     

     Roger Simons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • LE MISANTHROPE (THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS)

     

    Subligny – La Muse dauphine –( 17 juin 1666 )

     

    Une chose de fort grand cours

    Et de beauté très singulière

    Est une pièce de Molière.

    Toute la cour en dit du bien.

    Après son « Misanthrope » il ne faut plus voir rien,

    C’est un chef d’œuvre inimitable »

    (Extrait de : « Jugement sur le Misanthrope » - Classiques Larousse 1939)

    Plus de trois siècles plus tard, on peut toujours tenir le même propos; il s’agit bien d’une pièce formidable.

     

     LE MISANTHROPE  -  MISE EN SCENE : DANIEL SCAHAISE

     

     Alceste :

    Morbleu ! c’est une chose indigne, lâche, infâme,

    De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme ;

    Et si, par un malheur, j’en avais fait autant,

    Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant.

     

    Pour Alceste, le misanthrope, le mélancolique, le neurasthénique, le vindicatif, amoureux jusqu’à la déraison, tous les hommes sont méchants, malfaisants , complaisants , fourbes , infâmes et scélérats maudits.

     

    2013.  QUOI DE NEUF ?  MOLIERE !


     

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    Daniel Scahaise (metteur en scène et scénographe) : Alceste combat « l’art de plaire à la Cour » et l’hypocrisie des hommes, mais succombe aux charmes de Célimène , une veuve coquette et médisante.Dans cette comédie de caractères, Molière dénonce la perte d’un idéal : celui de l’honnête homme.

     

    LA TENTATION DU SERIEUX

     

    Daniel Scahaise : « LE  MISANTHROPE »  est une comédie noire mais surtout tragi-comique entre deux visions qui s’opposent.

    On peut choisir le parti de noircir cette pièce, comme pour une tragédie mais je pense que si on fait ça, on prend Alceste un peu trop au sérieux. Il y a certaines scènes où Alceste est vraiment ridicule et tourné par Molière ainsi.

    Je crois que si on en fait une tragédie d’un homme incompris , on passe à côté de quelque chose , car c’est pathétique mais drôle et terrible de voir quelqu’un pris d’une telle passion prendre autant de portes dans la figure.

     

     AU THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

     

    20h15. Grande salle. Le noir se fait dans le théâtre. La scène s’illumine d’un éclairage vif. Et l’on aperçoit un long couloir de miroirs noirs, en diagonale sur le plateau. Peu de meubles, c’était ainsi à l’époque. Un salon de riches ! Une demeure des plus aristocratiques.

    De jeunes seigneurs très élégants entrent vivement dans ce salon et disparaissent presqu’aussitôt.

    Un homme est vêtu à l’ancienne, se déplace nerveusement. Il est en colère. Il a quitté la salle où se tient en ce moment une fête à laquelle participent tous ces « faiseurs », ces « gens à la mode » ces «obligeants diseurs d’inutiles paroles »…C’est Alceste … Il se trouve seul avec son ami Philinte.

     

    Philinte : Qu’est-ce   donc ? Qu’avez-vous ?

    Alceste : Laissez-moi, je vous prie.

    Philinte : Mais encor dites-moi quelle bizarrerie..

    Alceste : Laissez-moi là, vous dis-je , et courez vous cacher.

    Philinte : Mais on entend les gens, au moins, sans se fâcher.

    Alceste : Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.

    Philinte : Dans vos brusques chagrins, je ne puis vous comprendre,

    Et quoique amis enfin, je suis tout des premiers...

    Alceste : Moi, votre ami ? rayez cela de vos papiers.

    J’ai fait jusques ici profession de l’être ; Mais après ce qu’en vous je viens de voir paraître

    Je vous déclare net que je ne le suis plus,

    Et ne veux nulle place en des cœurs corrompus.

    Philinte : Je suis donc bien coupable, Alceste, à votre compte ?

    Alceste : Allez, vous devriez mourir de pure honte ;

    Une telle action ne saurait s’excuser,

    Et tout homme d’honneur s’en doit scandaliser.

    Je vous vois accabler un homme de caresses,

    Et témoigner pour lui  les dernières tendresses ;

    De protestations, d’offres et de serments,

    Vous chargez la fureur de vos embrassements ;

    Et quand je vous demande après quel est cet homme,

    A peine pouvez-vous dire comme il se nomme ;

    Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,

    Et vous me le traitez à moi d’indifférent.

    Morbleu !c’est une chose indigne ; lâche, infâme,

    De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme ;

    Et si, par un malheur , j’en avais fait autant,

    Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant...

     

    J’ai voulu vous présenter  un long extrait de la première scène du «  Misanthrope »  qui définit  bien le caractère d’Alceste ce qu’est cet homme !

    Une mise en scène vivante, sobre, intelligente, où Daniel Scahaise a dirigé ses acteurs dans un style moderne.

    Sans faire résonner les vers, sans un ton déclamatoire ou emphatique, aucun mouvement gratuit comme ce fut souvent le cas il y a quelques années encore.

    Il a guidé ses amis comédiens un peu à la façon de l’Actors  Studio. Il les fait jouer avec le physique, le mental, avec un  approfondissement psychologique d’aborder le personnage.

     De donner l’impression d’improvisation, que le texte de Molière  devienne conversation.

     

    Daniel Scahaise : D’ailleurs, Alceste, le solitaire, s’en vient  parler à chaque spectateur en particulier, assis sur le  bord du plateau.

    Philinte : Mais sérieusement, que voulez-vous qu’on fasse ?

    Alceste : Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur

    On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.



     

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     LE MISANTHROPE : L’UNE DES MEILLEURES COMEDIES DE MOLIERE

     

    La pièce a commencé vendredi dernier. Les mille huit cent cinq vers que représente « Le Misanthrope » vont se faire entendre durant un mois, joués avec talent, brio, et une verve poétique, éclatante et intarissable par les onze comédiens du spectacle, avec en tête l’extraordinaire Christophe Destexhe  dans le rôle écrasant d’Alceste.

    Déjà, que nous l’avions tant aimé et félicité pour son interprétation de Cyrano, il y a un an.

    Il nous offre un misanthrope d’une vérité éclatante et quasiment unique, profondément humain, sincère.


    Maurice Donnay (1911) : « Le Misanthrope » est vraiment la plus belle comédie de Molière ; elle est spéciale dans son genre. D’abord, elle est tout entière de Molière, je veux dire qu’elle n’emprunte rien ni aux Italiens, ni aux Espagnols , ni aux vieux conteurs français ; on n’y signale aucune imitation , et la farce n’y apparaît pas un instant…Le Misanthrope n’est pas seulement la plus noble expression du génie de Molière, c’est encore une date considérable dans l’histoire du théâtre français. »

    (Extrait d’une critique publiée dans « Classiques Larousse »)

     

    C’est vrai ce qu’écrivait Maurice Donnay en début du vingtième siècle. Et c’est toujours vrai en ce début du vingt et unième siècle !


    Philinte :

    Tous les pauvres mortels, sans nulle exception,

    Seront enveloppés dans cette aversion ?

    Encor en est-il bien, dans le siècle où nous sommes…

    Alceste :

    Non, elle est générale et je hais tous les hommes.

    Les uns parce qu’ils sont méchants et malfaisants,

    Et les autres pour être aux méchants complaisants

    Et n’avoir pas pour eux ces haines vigoureuses

    Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.

     

    Rapprochant l’univers du Misanthrope de celui d’aujourd’hui , la mise en scène de Daniel Scahaise fait fi de la perruque et du badinage amoureux.

     

     ALCESTE L’AMOUREUX DE CELIMENE



     

     

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    Daniel Scahaise : Philinte, Arsinoé, Oronte  et les petits marquis appartiennent à la même caste. Seule Célimène, jeune veuve d’un « riche bourgeois », venant sans doute d’un milieu populaire, et aspirant à s’installer «dans le monde »  ne fait pas partie du sérail.

    Pour  son entrée dans le monde, elle se sert de sn charme, de son esprit...de son lit, tout comme Tartuffe se sert de la religion.

    Je me suis toujours demandé pourquoi Célimène à la fin de la pièce était rejetée de tous alors qu’elle faisait exactement la  même chose qu’eux...C’est tout simple. C’est parce qu’elle ne fait pas partie du clan !

     

     LE MISANTHROPE DES MARTYRS


    Une réussite ! A préciser que Daniel Scahaise n’a retiré le moindre vers de Molière, rien n’est  changé en quoi que ce soit !

    Les comédiens «parlent » le texte de Molière. Leurs jeux de scène sont modernes, légers. Même les longues tirades d’Alceste passent extraordinairement la « rampe ».

    Les personnages sont bien dessinés et interprétés avec bonheur et aisance, sillonnant la scène avec ardeur, vivacité, volubilité et une certaine faconde.

    Deux heures de spectacle qui en paraissent bien moins que cela tant le rythme est soutenu.

    Daniel Scahaise nous offre un « Misanthrope » dépoussiéré, vivant, jeune.  Un « Alceste «  en colère, haineux envers les hommes, malheureux et l’on s’en rend compte dès les premiers mots et les premiers mouvements, éperdu d’amour pour Célimène, cette dernière effrayée  de cet amour exigeant qui lui fait peur.

    Comme c’est souvent le cas, il aurait pu s’intéresser, désirer, aimer une Arsinoé ou une Eliante, mais non, il est fou de Célimène ! Il faut dire qu’elle est attirante, séduisante, ravissante la Célimène d’Alceste !

     

    Alceste : Vous avez trop d’amants qu’on vous voit vous obséder,

    Et mon cœur de cela ne peut s’accommoder.

    Célimène : Des amants que je fais me rendez-vous coupable ?

    Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable ?

    Et lorsque pour me voir ils font de doux efforts,

    Dois-je prendre un bâton et les mettre dehors ?

    Alceste : Les rieurs sont pour vous , madame , c’est tout dire,

    Et vous pouvez pousser contre moi la satire.

    Philinte : Mais il est véritable aussi que votre esprit

    Se gendarme toujours contre tout ce qu’on dit,

    Et que, par un chagrin que lui-même il avoue,

    Il ne saurait souffrir qu’on blâme ni qu’on loue.

    Alceste : C’est que jamais , morbleu ! les hommes n’ont raison,

    Que le chagrin contre eux est toujours de saison,

    Et que je vois qu’ils sont , sur toutes les affaires,

    Loueurs impertinents ou censeurs téméraires.



     

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    LE MISANTHROPE  2013

    Avec

    Laurent Tisseyre (Philinte)

    Stéphane Ledune  (Oronte, une belle composition !)

    Julie Lenain  (Célimène la belle...accrochante que diable)

    Dolorès Delahaut (Eliante, la cousine de Célimène)

    Isabelle De Beir (Arsinoë.. un plaisir de revoir cette comédienne)

    Jaoued Deggouj (Acaste, marquis, dévoreur de petits gâteaux, très drôle.. comme  toujours)

    Gauthier de Fauconval (Clitandre, un marquis très hautain)

    Barbara Borguet (Basque, valet légèrement handicapé de Célimène)

    Maxime Anselin (Un garde de la maréchaussée française)

    Nicolas Swysen (Du Bois, valet  d’Alceste)

    Et

    Christophe Destexhe (Alceste) (Mille bravos, Christophe)


    Et aussi :


    Caroline Bertrand(Assistante à la mise en scène)

    Anne Compère (Costumes)

    Mac O’Neal (Habilleur des hommes)

    Laetitia Doffagne (Coiffures)

    Bernard Marbaix (un travail intéressant sur les alexandrins

    Philippe Fontaine (Régie /Lumières)

    Philip Glass (un tout grand compositeur)


    Et


    Daniel Scahaise,  metteur en scène et scénographe.(Impeccable !)

     

     

     


    PS. A noter dans votre agenda le concert qui se déroulera dans ce Théâtre le lundi 14 octobre à 20h15.

    Au programme : des airs de scène et airs de cour signés D’Alembert , Le Camus , Du Buisson et Lully...




     

    Encore un cadeau avant de nous séparer : Lambert Wilson et Fabrice Luchini dans une séquence du film «Alceste à bicyclette », un  chef d’œuvre.


    Roger Simons

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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