LES FEUX DE LA RAMPE

  • SAINTE FATIMA DE MOLEM - BEN HAMIDOU - ( THEATRE VARIA)

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe, bienvenue à Vous.

    Je vous présente un magnifique spectacle dans lequel Ben Hamidou se raconte avec amour et sincérité.


     SYNOPSIS

    "Sainte Fatima de Molem" est un spectacle autobiographique qui nous emmène du présent – avec un père divorcé qui tente tant bien que mal de coucher ses enfants un soir où il en a la garde – au passé, depuis les quartiers populaires de Molenbeek.

    Seul en scène, Ben Hamidou nous raconte son enfance passée à Molenbeek après que sa famille ait débarqué à Bruxelles au milieu des années 60’.

    Du Sarma-Nopri à l’Académie de théâtre, le parcours qu’il retrace est dominé par une figure imposante, aussi drôle que tyrannique : sa grand-mère, une femme berbère centenaire à la langue bien pendue, tatouée et surnommée « Geronimo » par les camarades de classe de Ben enfant.

    Morte, puis ressuscitée, Fatima deviendra Sainte Fatima de Molem, emblème de tout un quartier.

    Ben Hamadou nous montre sa photo en fin de spectacle, grand moment d’émotion.

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     D’un bout à l’autre du spectacle, Ben Hamidou nous présente sa hanna comme une icône incarnant toute une communauté dont il est bien difficile de se détacher.

    La traversée du canal, l’Académie, la découverte du théâtre et du métier de comédien, toutes ces étapes sont racontées avec humour et tendresse et c’est tout le spectacle qui s’articule autour de ce lien entre deux cultures, dans lesquelles Ben Hamidou veut inviter le public à puiser le meilleur.

    Difficile de puiser le meilleur. Tout est le meilleur, intéressant , amusant, important dans sa vie.

    Il est des plus étonnant, d’une vitalité totale, d’un rythme délirant.

     CONTEXTE ACTUEL

     Gennaro PitisciI (le metteur en scène) : De nos jours, il est fondamental d’ouvrir le champ de son action au-delà de la désormais tristement célèbre commune de Molenbeek ou de celles où des populations d’origines étrangères sont particulièrement concentrées. Il convient de jeter un pont et faire la jonction entre des mondes qui tendent à se fragmenter alors qu’ils n’en forment qu’un : celui fédérateur et critique qui porte en lui la culture des mélanges, qui ne renie ni ses racines ni son présent, à l’instar de Sainte Fatima de Molem, un spectacle qui depuis sa création en 2009, n’a cessé d’être joué.

    Programmer cette pièce aujourd’hui au Théâtre Varia, à l’heure de la montée des extrémismes et du repli communautaire, prend ainsi tout son sens.

    CHOIX DE BEN HAMIDOU

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    Le parti pris autobiographique du spectacle a motivé le choix de Ben Hamidou de faire un seul en scène ou one-man-show. Cette forme théâtrale lui permet de porter sur scène son rapport intime à sa grand-mère, mais aussi à différentes personnalités qui peuplent Molenbeek, le quartier où il a grandi. Il prête ainsi son corps et sa voix pour nous faire entendre différents points de vue, en particulier celui de cette figure centrale de sa famille, sur une communauté riche de sa multiplicité.

    Grâce à la forme du seul en scène et en incarnant plusieurs personnages, il démontre comment chaque individu est constitué et façonné par une appartenance multiple, qu’elle soit culturelle, religieuse ou sociale. Il se livre ainsi aux spectateurs tout en gardant une distance avec son sujet grâce à l’humour – trait typique du one-man-show

    BEN HAMIDOU DE MOLEM

    « Mon identité est multiple. Je suis de ce pays mais je n’oublie pas d’où je viens. Je ne rêve pas en berbère, je rêve en français. Je me sens plus bruxellois et belge, sans rejeter mes origines marocaines. On est d’où on vit. Le Molenbeek de mon enfance est multiculturel, c’était un village. Il y a une trentaine d’années, en Belgique, les immigrés marocains, on les appelait les Maroxellois ! J’en ai fait un seul sur scène. Dans la pièce Sainte Fatima de Molem, j’essaye aussi de répondre à cette question : c’est quoi finalement être Belge ? Je ne revendique rien à la Belgique, c’est mon pays. Elle n’a jamais cherché à assimiler ses immigrés. Aujourd’hui, on se retrouve avec des jeunes bruxellois d’origine marocaine qui te disent « Moi, je suis Marocain » avec un fort accent belge ! Le théâtre permet de questionner et de se questionner, mais aussi de discuter. La culture prémunit contre beaucoup de maux, elle peut sauver Molenbeek du communautarisme et du repli identitaire. »

    INTERVIEW-(COURT EXTRAIT)

    Vous êtes donc un enfant de Molenbeek ?

    Ben Hamidou. Un enfant de Molenbeek qui n’était pas du tout prédestiné à faire ce métier. Vers 13 ans, c’est mon prof de français qui m’a dit : pourquoi tu n’irais pas faire du théâtre à l’académie. J’ai fait du théâtre et à partir de là je l’ai fait pour le plaisir. Ma grand-mère y était opposée, donc j’ai dû lui mentir et lui dire que je faisais des études de droit-

    Ta grand-mère a joué un rôle important dans ta vie ?

    Ben Hamidou. Énorme. Elle m’a éduqué, elle était omnipotente et omniprésente, une force de nature extraordinaire

    Ta grand-mère a soutenu Abdelkrim Al Khatabi (leader de la lutte d’indépendance du Rif et père de la guérilla moderne, ndlr). Il doit t’évoquer beaucoup de choses

    Ben Hamidou. En tant que dignitaire arabe et musulman, à l’époque, au-delà de ce qu’il a fait, c’était complètement révolutionnaire. Abdelkrim s’est rendu compte qu’il fallait mieux séparer la religion du politique. C’était visionnaire. Quand tu vois toutes les dictatures des pays arabes, elles fonctionnent toutes sur base de la fusion de la religion et du politique. C’est la base même du système des pays musulmans. Ma grand-mère a passé des armes pour lui. Elle cachait des grenades dans de la menthe. Elle est morte à 106 ans, donc elle a connu toutes les guerres tribales, la première guerre mondiale, la guerre d’Espagne, la deuxième guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Donc pour elle, venir à Molenbeek, c’était du petit lait. Même avec ses tatouages. C’était Byzance.

     Vous jouez un imam dans le film « Les Barons », quel rapport avez-vous avec la religion ?

    Ben Hamidou. Moi personnellement, je suis croyant. Je ne suis ni athée, ni agnostique. Mais je suis très ouvert de par mon métier. J’ai eu la chance d’avoir des parents très ouverts. Je pouvais parler avec mon père de plein de choses différentes. On ne m’a jamais obligé à faire ni le ramadan, ni quoi que ce soit. C’était mon choix. Mais malheureusement ce choix aujourd’hui n’existe pas. Il y a un contrôle social très fort qui est beaucoup plus important pour les femmes

    Vous avez créé l’ASBL Smoners, de quoi s’agit-il ?

    Ben Hamidou. Il s’agit de créer des projets artistiques avec des moyens professionnels en impliquant les gens du quartier. Cela peut prendre des formes différentes. On a des spectacles que l’on joue dans des salons de thé. On avait fait un spectacle sur le rapport des générations. On voulait toucher les parents. Dans un théâtre c’est impossible, dans les mosquées on ne peut pas faire du théâtre, donc on a choisi les salons de thé. On crée aussi des ateliers dans le milieu associatif. Il y a des choses qui bougent. Amener l’art lyrique à Molenbeek cela n’a pas été facile. En octobre prochain on propose un opéra à la Maison des Cultures. Ce n’est plus un boulot pour moi, c’est une passion. On ne devient pas millionnaire, mais on s’enrichit des rencontres. La différence nous nourrit. J’essaie que tous mes projets partent d’ici, de Molenbeek. Le quartier, malgré toutes ses difficultés, m’a tellement apporté que je trouve que c’est la moindre des choses. C’est une relation passionnée que j’ai avec le quartier.

    (Interview réalisée par Julien Versteegh)

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    Ben Hamadou est un brillant comédien auquel on s’attache immédiatement .Il nous tient en haleine dès son entrée en scène.


     Il est une femme à qui il doit beaucoup et qui marque sa vie. Elle est son héroïne favorite. Elle est Berbère et tatouée comme un chef indien. Elle est une femme de tradition qui aime les westerns modernes . Elle est un mélange d’amour et de tyrannei , une mère Courag eà la langue bien pendue et au caractère bien trempé . Elle est une figure légendaire des quartiers de Molenbeek d’une époque dont elle dira, elle qui a tant vécu que   « Molenbeek, c’est du petit lait » Elle est Sainte Fatima de Molem , sa Hanna , son incroyable grand-mère.

    Un beau spectacle plein de chaleur humaine !

    GÉNÉRIQUE

    Avec : Ben Hamidou

    Écriture : Ben Hamidou, Gennaro Pitisci

    Mise en scène : Gennaro Pitisci

    Un spectacle du Brocoli Théâtre, de la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek et de Smoners asbl.

    Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service général de la Création artistique, Direction du Théâtre.

     

    SAINTE FATIMA DE MOLEM

    Jusqu'au 25/02/17

    THEATRE  PETIT VARIA

    Rue Gray 154  1050  Bruxelles

    Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe « , j’espère que cela vous a plu d’entendre Ben Hamidou et découvrir sa vie à travers le temps...

    Notre moment de séparation : une rencontre avec l’ensemble « Insoul » et la merveilleuse chanteuse Samia Sabri.

    A tout bientôt !

    Roger Simons

     

     

     

     

     

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  • LUZ CHABANE- MICHEL LEGRAND - THE MUSIC VILLAGE- (Edition speciale)

    Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », bienvenue à Vous.

     

    Quel plaisir de revoir Michel Legrand tout jeune chanteur-musicien. Très attaché à ses musiques pour le cinéma. Comme par exemple «  Les   parapluies de Cherbourg »

     

    LUZ CHABANE que vous avez très certainement applaudie dans ses concerts dédiés aux grands compositeurs chanteurs tels Edith Piaf , Léo Ferré , Jacques Brel entre autres.

    Cette fois-ci , elle a choisi Michel Legrand que tout le monde aime .

    Le concert se donne dimanche prochain le 26/02 au Music Village à 20 heures.

    Luz Chabane s’investit corps et âme, s’immerge , se noie dans l’œuvre de Michel Legrand et , par admiration et respect pour lui , bâtit ses interprétations avec pour unique et incontournable condition toute l’authenticité , la personnalité , la sensibilité qui sont siennes , loin du concept très actuel de «  cover » 

    Amoureuse du texte en général – et cela se sent à chaque concert-elle plume elle-même plus qu’à son tour.

    Fan inconditionnelle du jazz, l’écriture musicale de Michel Legrand la rejoint dans ses aspirations de donner au texte français la liberté conditionnelle qu’offre la musique jazz.

    On peut s’en réjouir !

    Je vous propose une interview de Luz Chabane réalisée le mardi 07 février à Radio Passion , dans la chronique   Passions d’artistes »


    Vivement dimanche prochain ( comme dit Michel Drucker)

    Pour retrouver une nouvelle fois l’étonnante Luz Chabane.

    Je ne résiste pas à l’envie de vous faire écouter une troisième chanson interprétée par l’ami Michel Legrand accompagné par Natalie Dessay, sa compagne.

    A vous revoir dans l’immédiat Luz !

    Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe »j’espère vous rencontrer ,  nombreux,  au cabaret The Music Village.

    A tout bientôt !

    Roger Simons



     

     

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