LES FEUX DE LA RAMPE

  • CONFESSIONS (THEATRE DES RICHES-CLAIRES)

    CONFESSIONS  DAVID NOBREGA & JONATHAN SIMON

    (THEATRE DES RICHES-CLAIRES)

    Eux deux, les auteurs : Nous sommes tous les deux des grands solitaires. Et cela n'est pas forcément quelque chose de négatif, en fait !

    Absolument pas négatif ! Au contraire !

    - Comment s'est construit le projet " Confessions " ?

    Jonathan : J'ai écrit la première version de CONFESSIONS "pour mon mémoire à l'IAD.

    David et moi étions restés amis, le projet l'intéressait et il a accepté de travailler avec moi pour la suite.

    D : En effet, la thématique principale du spectacle, la solitude me parlait énormément.

    CONFESSIONS

    Un beau titre !

    Un merveilleux spectacle sans prétention, attachant   , une histoire jouée par ces quatre comédiens: Merlin Amandine, Alexandre et Colin.

    Quatre acteurs que je découvre avec beaucoup de plaisir.

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    CONFESSIONS

    En quelques lignes : X n'a pas d'amis de famille ou de femme, pas de passions, de hobbies , d'ambition particulière. Ca lui convient, cela ne l'empêche pas d'être vivant. Il se sent en sécurité, rien ne vient perturber ses habitudes. Son plaisir : boire une bonne tasse de bon café.
    Jusqu'à ce jour, il invite une jolie femme dans son studio et le doute avec. Fait-il le bon choix ?

    Il va alors fantasmer sa future rencontre et imaginer toutes les possibilités qu’elle offre, tant négatives que positives, afin de savoir ce qu’il désire vraiment.

    Il entame une véritable quête existentielle, naviguant sans cesse entre la réalité crue de sa vie et ses réflexions, entre ses illusions et ses rêves.

    Ce qui est fort intéressant dans cette pièce, c'est le fait que nous avons tous, nous les spectateurs, la possibilité de moduler cette rencontre comme nous l'imaginons.

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    CONFESSIONS

    -Comment s'est construit ce projet ?

    J : La première version touche de très près la thématique principale du spectacle, la solitude nous parlait énormément.

    - Comment le texte -t-il évolué?

    J : La première version était extrêmement touffue et brassait trop d'éléments importants que pour pouvoir tous les exploiter correctement.

    Le personnage était soumis à quantité de problèmes, ce qui parasitait la trame au point qu'elle devienne confuse.

    Cette première version était essentiellement basée sur le traumatisme du personnage.

    Après cette première version dramaturgique, une autre version de texte dont la trame tourne autour d'une rencontre. Le personnage principal fait une rencontre particulière qui l'amène à l'interroger sur lui-même et son rapport aux autres.

    D : Cela dit, nous essayons d'aller plus loin mais toujours dans la sincérité envers soi même et les autres.

    J : On apprend vraiment sur tout et à devenir totalement multicasquette.

    D : Notre projet interroge largement notre rapport à la société , aux contraintes et obligations quelle induit, mais également l'amour. Car finalement , c'est quoi aimer ? Tomber amoureux d'une altérité , ou chercher à combler un plaisir narcissique ?

    J : Bon. Assez discuté , détachons-nous maintenant ? Eux quatre ? Du talent ! De la persévérance ! Du charme ! De la sympathie !

    A voir sans tarder !

     

    CONFESSIONS

    Jusqu'au 30/09/17

    THEATRE DES RICHES - CLAIRES

    Rue des Riches-Claires- 1000 Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 548 25 80

    "Une rentrée tout en dentelles "( Eric De Staercke - directeur du théâtre)

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe ", merci de votre visite , de plus en plus nombreuse.

    On se retrouve tout bientôt !

    Au fait, avez-vous pris connaissance de mon nouveau blog? "Itinéraire d'un saltimbanque fou de théâtre"?

    Tous les dimanches.  ITINERAIRE D'UN SALTIMBANQUE FOU DE THEATRE

     

    Ce blog en amitié avec "Les Feux de la Rampe"

    A dans quelques jours ...

     

    Roger Simons

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  • TRISTESSES-ANNE-CELINE VANDALEM (THEATRE NATIONAL) (republication)

    Amis de l'émission/blog " Les Feux de la Rampe ", bonjour.

    Nous re-partons ensemble pour une grande aventure...Suivez-moi.

    Boulevard Emile Jacqmain : Le Théâtre National !

    Un spectacle de théâtre musical dont le sujet principal est la relation qu’entretient le pouvoir à la tristesse.

    Empruntant les codes du polar et de la politique.

    Anne-Cécile Vandalem dissèque avec humour l’une des plus redoutables armes politiques contemporaines : l’attristement des peuples.

    Au moyen d’un dispositif à la frontière du cinéma, elle met en lumière le pouvoir des médias et le mode opératoire d’une censure qui agit au grand jour ou dans l’ombre insidieusement.

    TRISTESSES - EVENEMENT THEATRAL ET CINEMATOGRAPHIQUE

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    Sur le plateau du théâtre, un groupe de caméras dissimulées qui filment en direct l’action de la pièce et qui rejoignent les endroits   où se joue le spectacle - théâtre.

    A ma connaissance, c’est la première fois que l’on procède de la sorte.

    UN DISPOSITIF À LA FRONTIÈRE DU CINÉMA

    Tristesses est l’histoire d’une histoire, de son déroulement à sa reproduction sur un plateau de tournage.

    La scénographie répond à cette nécessité : la mise en place d’un dispositif intégré à la fiction même.

    Devant nous se trouvent les différents espaces fictionnels (la maison des Petersen, la maison des Larsen, l’église, la maison de Ida Heiger, la place du village). Ces maisons, par leur ligne épurée, renvoient tout autant à une esthétique nordique qu’au décor d’un plateau de tournage.

     

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    Alors que chaque intérieur laisse dévoiler, par le truchement de la caméra, un intérieur extrêmement réaliste (salle à manger des Petersen, cuisine des Larsen, église protestante, chambre et bureau de Madame Heiger, sauna de Mr Heiger), le village de TRISTESSES et ses habitants évoluent dans une palette chromatique légèrement décalée du réel (teintes grises, lumières en clair-obscur empruntant à l’esthétique de Roy Andersson).

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    Cette esthétique renforce la sensation d’une inquiétante étrangeté et se révèle être une des clés du basculement de l’intrigue : alors que le spectateur peut, en début de représentation, être tenté de croire à un choix esthétique relevant d’une forme de réalisme, il sera comme progressivement frappé par l’évidence de ce qui se joue devant lui : l’histoire d’une histoire.

    La fonction dramaturgique des images.

    La manière de représenter le village de TRISTESSES et d’amener, à travers le prisme de la caméra, la découverte de ses habitants, permet un glissement progressif vers le politique.

    En déplaçant le regard du spectateur, en lui permettant de voir, via l’angle de la caméra, ce qui se passe à l’intérieur des maisons ou en dehors de son champ de vision, le dispositif questionne le principe de représentation, la notion de voyeurisme. Il confronte également le spectateur à la puissance des images, le poussant, entre attrait et répulsion, à une prise de conscience des multiples potentialités que recèle l’image filmée.

    TRISTESSES met en relief le détournement qu’il est possible d’en opérer. Une dichotomie s’établit entre ce que les images racontent effectivement et la manière dont elles sont détournées, entre leur caractère objectivant et ce qu’elles sont capables de produire de charge émotive. Le spectateur peut ainsi s’approprier le sujet en opérant ce double mouvement d’identification à la fiction et de distanciation vis-à-vis de celle-ci.

    Afin de renforcer ce ressort dramaturgique, l’utilisation de la vidéo passe également par l’utilisation du gros plan.

    Le gros plan

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    Dans le récit, le parti politique en place, le Réveil Populaire, dirigé par Martha Heiger, est un parti qui tend à contrôler, par la surexposition, les individus : aucune zone d’ombre ou de refuge n’est possible. Le visage apparaît comme cristallisation de cette idée : à la fois masque ou miroir par lequel les pensées ou les émotions sont cachées ou révélées malgré nous, mais aussi surface réfléchissante, outil de propagande affective, de falsification ou de contrôle des émotions.

     

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    C’est passionnant de suivre ce chemin de l’image tout en observant le jeu des comédiens...

    Tout cela est génial ! Remarquablement réalisé.

    Cela dit, on se sent plus au ciné qu’au théâtre...

    Le théâtre évolue sans cesse...et cela se sent un peu partout dans les milieux théâtres.

    Nouveau et intéressant ! Tant pour les comédiens que les spectateurs.

     

    TRISTESSES- L’HISTOIRE DU PASSE – L’HISTOIRE PRESENTE...

     

    Tristesses est une petite île située au Nord du Danemark. Suite à la faillite de ses abattoirs, principale source économique du lieu, elle s’est vidée de ses habitants. En 2016, elle ne compte plus que huit habitants et est administrée par un maire issu du Parti du Réveil Populaire ; parti populiste de droite fondé par Käre Heiger (habitant l’île) et actuellement dirigé par sa fille, Martha Heiger.

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    Nous sommes à la veille des élections nationales. Martha Heiger est donnée pour favorite au poste de premier Ministre. Alors que sa mère, Ida Heiger, s’apprête à faire des révélations concernant l’implication du Parti du Réveil Populaire dans la faillite des abattoirs, leur fermeture et la mort de deux fermiers, elle est assassinée. Son meurtrier, Joseph Larsen, pasteur et ancien comptable des abattoirs, lourdement impliqué dans cette histoire, déguise ce meurtre en suicide.

    En se réveillant le matin, les habitants découvrent Ida Heiger pendue dans le drapeau du Danemark. Pour sa fille, cela ne fait aucun doute, l’acte de sa mère est destiné à déstabiliser le parti et l’empêcher de remporter les élections.a

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    Alors qu’elle est de retour sur l’île de Tristesses pour récupérer (incognito) le corps de sa mère, elle soumet un projet aux habitants : la réhabilitation des anciens abattoirs en studio de cinéma de propagande destinés à prévenir des dangers qui menacent le Danemark.

    Chaque habitant est impliqué dans une affaire compromettante et n’a d’autre choix que de se soumettre à la volonté du parti. Les habitants se résignent à signer. Seules deux adolescentes vont tenter de résister.

     

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    Croyant être guidées par les visions de la plus jeune, qui communique avec le spectre d’Ida Heiger, Ellen et Malene vont entreprendre de remettre les abattoirs en marche afin d’accomplir la dernière volonté d’Ida Heiger : y être incinérée. Leur quête, dans laquelle elles s’engagent naïvement, les amène à tenter d’assassiner Martha Heiger. Mais cette résistance vaine les conduit indirectement vers leur mort.a

     

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    Il en va de même pour l’ensemble des habitants de l’île qui, poussés dans leurs derniers retranchements, finissent par s’entretuer. Ne reste plus alors à Martha Heiger qu’à quitter l’île discrètement, emportant avec elle les images de ce qui constituera le premier film produit par le parti : un documentaire fictif ayant pour sujet l’assassinat d’une petite communauté par deux jeunes adolescentes, en perte de repères. La culture n’est plus ce qui nous défend de la barbarie et doit être défendue contre elle. Elle est ce milieu même dans lequel prospèrent les formes les plus intelligentes de la nouvelle barbarie. (G.Didi-Huberman)

    Quelques mois plus tard, le Parti du Réveil Populaire remporte les élections et Martha Heiger est nommée Premier ministre. Son premier projet est de faire passer une loi liberticide imposant un quota de production et de diffusion d’œuvres nationales via les télévisions et médias et limitant l’attribution de subventions aux seules œuvres ayant été approuvées par une commission mise en place par l’État.

     

    LA PRESENCE MUSICALE

     

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    Au même titre que la vidéo, la musique joue un rôle notoire dans la mise en place de la propagande et la mise en perspective de la censure. Alors que la vidéo met en lumière et instrumentalise l’émotion, la musique joue son rôle d’amplificateur dans la mesure où elle constitue une dynamique fondamentale qui innerve la structure et le récit.

    Deux musiciens sont en scène et jouent durant pratiquement tout le spectacle.

    Certains chants intégrés dans la fiction. Il s’agit de chants clairement associés à un héritage qu’il soit culturel ou religieux (chant folklorique danois, cantique protestant).

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    TRISTESSES

    Cette pièce joue avec les codes du polar.

    Au cœur de l’histoire se mêlent deux intrigues : un meurtre déguisé en suicide (qui sera finalement élucidé), et le sacrifice d’une communauté pour un enjeu politique.

    La rencontre entre ces deux intrigues est d’autant plus violente que les personnages ne détiennent pas tous les mêmes clés de compréhension de ce qui se joue (certains subissent sans comprendre le drame qui se joue, d’autres pressentent la tragédie à venir ou se contentent de la traverser avec l’inconscience et la légèreté de la comédie.

    TRISTESSES exploite ainsi les personnages et les situations dans leur caractère intégral et jusqu’à leurs limites et constitue, dans une certaine mesure, l’histoire d’une rencontre violente entre la comédie, le drame et la tragédie.

    Dix comédiens l’interprètent avec virulence.

    On oublie qu’ils sont des acteurs, tant ils sont vrais dans l’interprétation de leurs personnages.

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    TRISTESSES

    Un tout grand spectacle !

    Empruntant les codes du polar et de la comédie politique, Anne-Cécile Vandalem dissèque avec humour une des plus redoutables armes politiques contemporaines : l’attristement des peuples.

     GENERIQUE

    Les comédiens : Vincent Cahay, Anne-Pascale Clairembourg, Epona et Sléné Guillaume, Pierre Kissling, Vincent Lécuyer, Bernard Marbaix, Catherine Mestoussis , Jean-Benoit Ugeux, Anne-Cécile Vandalem , Françoise Vanhecke

    Conception, écriture et mise en scène : Anne-Cécile Vandalem

    Composition musicale : Vincent Cahay , Pierre Kissling

    Scénographie : Ruimtevaarders

    Création sonore : Jan-Pierre Urbano

    Création lumière : Enrico Bagnoli

    Création costumes : Laurence Hermant

    Création vidéo : A van Egmond

    Régie générale et plateau : Damien Arril

    Assistanat de création : Sarah Seignobosc

    Chef opérateur : Federico d’Ambrosio

    Accessoiriste : Fabienne Muller

    Création maquillage : Sophie Carlier

    Coiffure :Gaetan d’Agostino

    Soprano , instrumentiste et coach : Françoise Vanhecke

    Second assistant de création : François Maque

    Collaboration dramaturgique : Sébastien Monfé

    Assistante costumes : Elisa Vidal Riezu

    Assistant régie : Pierre Draye

    Assistant caméra : Simon Breveeld

    Régisseur Lumière : Kevin Sage

    Création : Das Fräulein (Kompanie) et Théâtre de Liège

    Production : Das Fräulein (Kompanie).

    Coproduction :Théâtre de Liège (Be), Le Volcan – Scène Nationale du Havre (Fr), Théâtre National de la Communauté française (Be), Théâtre de Namur (Be), Bonlieu – Scène nationale Annecy, Le Manège. Mons, Maison de la Culture d’Amiens – Centre européen de création et de production, Les théâtres de Marseille (Fr), Aix- en-Provence....

    TRISTESSES

    Les 22 & 23/09/17

    THEATRE NATIONAL

    Bld Emile Jacqmain111-115 - 1000 Bruxelles

    Infos Réservations : 02 / 203 53 03


     

    Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci de votre attention.

    Bonne vision ou re-vision et à tout bientôt !

    Roger Simons


     

     

     

     

     

     

     

     

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  • RHINOCEROS/EUGENE IONESCO/CHRISTINE DELMOTTE(THEATRE DES MARTYRS )

    (republication)

    Amis de l'émission/blog"Les Feux de la Rampe" , bienvenue au blog.

    Reprise d'un grand spectacle joué en 2016 au Théâtre de la Place des Martyrs...ainsi

    qu'au Théâtre Jean Vilar.

    Nouvelle adresse : Théâtre des Martyrs

    A voir absolument ! Et revoir !

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     Non, pas ceux-là...Les autres...

     

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    La vie d’Eugène Ionesco est significative de sa création littéraire : pris entre deux langues, le roumain, langue du père, et le français, langue de la mère, il développe un esprit critique issu de distanciation implicite d’un bilinguisme acquis douloureusement ; puis, pris dans la montée des fascismes, il en tire une expérience horrifiée qui le pousse à la révolte contre toutes les idéologies et tous les conformistes intellectuels.

    Le théâtre de Ionesco est le reflet de ces déchirements personnels et l’expression des angoisses qu’ils engendrent ; le pessimisme et l’anxiété percent derrière l’humour corrosif.

    RHINOCEROS

    Une fable dont les animaux incarnent tout d’abord des militants nazis et dont la contamination progressive de la population représente la propagation de l’idéologie fasciste.

    Le choix des rhinocéros vient de la couleur de l’uniforme fasciste roumain (chemise verte et pantalon noir) et de la force brutale de ces animaux sauvages qui rappellent le char d’assaut !

    La représentation de ces rhinocéros est frappante, remarquablement croquée, vivante par ses acteurs.

    RHINOCEROS

    La pièce d’Ionesco met en scène une typologie d’intellectuels dont la parole envahit la scène : le théoricien pur (le Logicien), les dogmatiques (Jean et Bolard), le libéral (Dudard).

    Les gens simples ont peu la parole ou la délèguent facilement. Ils sont présents du début à la fin de la pièce. Ils s’expriment par une série de gestuelles chorégraphiées, avec des images fixes.

    Excellente idée de Christine Delmotte, la metteuse en scène et scénographe de ce spectacle.

     

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    RHINOCEROS, une production de la Compagnie Biloxi crée en 1987, dirigée par Christine Delmotte depuis sa création.

    Christine est une metteuse en scène tout à fait extraordinaire, pleine d’idées originales et d’inventivité.

    Elle nous étonne à chacune de ses réalisations.

    Ce qui est encore le cas avec « Rhinocéros »

    LE FANATISME MENE TOUT DROIT A LA BARBARIE.

     Christine Delmotte : C’est la seconde pièce de théâtre d’Ionesco que je mets en scène.

    Le personnage principal, Bérenger, double tragi-comique d’Ionesco, est le même que dans « Le roi se meurt », une autre pièce toujours d’Ionesco que j’ai montée également aux Martyrs, mais avec d’autres problématiques.

    Le rêve/cauchemar y est toujours présent avec ses logiques insolites, ses délires pour raconter le monde.

    Pietro Pizzuti continue avec nous la recherche débutée il y a deux ans.

    Pietro en scène, c’est toujours une révélation et un bonheur !

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    Christine : Ionesco se plonge dans ses propres tourments, son histoire personnelle pour nous raconter la grande histoire de l’humanité !

    Derrière le rire d’Ionesco, il y a la mise en exergue de la difficulté de communiquer.

    « L’enfer n’est pas ailleurs, l’enfer est ici, il est en nous, nous sommes l’enfer » 

    Christine : Nous sommes des individus, pas des masses, nous rappelle Ionesco par ses métaphores.

    C’est en individus particuliers et différents que nous voulons être bien traités par nos démocraties et ses lois laïques à rappeler constamment. La laïcité est la seule garantie de l’égalité pour nos démocraties, une force importante contre les fanatismes de tous poils.

    J’ajouterai encore que l’un des grands défis théâtraux de cette pièce de théâtre est de trouver, sur le plateau, une concrétisation particulière pour ces rhinocéros.

    Je m’intéresse pour ce faire aux rythmes de groupes, de masses : gum-boot, tap-boots,body-claping, rythme corporel...

    Ces mouvements et ces sons d’ensemble me racontent « cette nature qui a ses lois » comme le dit Jean, avant de devenir rhinocéros.

    « La morale est antinaturelle » ajoute-t-il en braillant. Il veut remplacer la loi morale par la loi de la jungle. Béranger lui répond : « Réfléchissez, voyons, vous vous rendez compte que nous avons une philosophie que ces animaux n’ont pas, un système de valeur irremplaçable »

    Cette opposition nature/culture est constante dans la pièce. La violence animale proposée par les rhinocéros nous rappelle bien des fanatismes d’aujourd’hui autour du monde...

    (Propos tenus par Christine Delmotte)

     

    RHINOCEROS

    Cette pièce suscite une attention permanente durant le déroulement de l’action.

    C’est passionnant à suivre, de par le sujet de la pièce, de par la mise en scène, la scénographie , le jeu formidable des neuf comédiens.

    Un grand moment de théâtre !

    Ionesco : J’ai pensé avoir tout simplement à montrer l’inanité de ces terribles systèmes, ce à quoi ils mènent, comme ils enflamment les gens, les abrutissent , puis les réduisent en esclavage.

    Christine Delmotte : « Rhinocéros » a l’esprit d’innovation, de provocation des premières pièces d’Ionesco. Elle mélange les genres et les tons, le comique et le tragique..

    Béranger découvre la complaisance de son entourage face à une étrange épidémie qui transforme les hommes en rhinocéros.

    Une pièce contre les hystéries collectives et les épidémies qui se cachent sous le couvert de la raison et des idées.

    C’est une comédie qui nous parle des tentations contemporaines pour les diverses formes de fanatisme.

    C’est pour rire tout en méditant !

    « RHINOCEROS » est la pièce à élever au rang de mythe avec sa présentation d’une vision du monde et d’interrogations de dimension collective sur l’homme !

    92 minutes d’un théâtre fort, rigoureux !

    A voir sans hésiter !

    Christine Delmotte nous offre un spectacle rare, tenace, éclatant, doté d’une mise en action d’exception.

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     Neuf acteurs vigoureux, énergiques  avec en tête le remarquable Pietro PIZZUTI (Béranger) auprès de qui s’aligne l’excellente comédienne , attachée aux Martyrs depuis un long moment : Isabelle de BEIR (Daisy)

    A leurs côtés : Christophe DESTEXHE( Dudard et le serveur), Fabrice RODRIGUEZ (Jean) , Aurélie FRENNET ( L’épicière et Madame Bœuf) , Gauthier JANSEN ( Le logicien et Botard), Julia LE FAOU (La ménagère et la femme de Monsieur Jean) , Camille PISTONE ( L’épicier , le pompier et Monsieur Jean) , Laurent TISSEYRE(Le vieux monsieur et Monsieur Papillon)

    Bravo à tous, que nous applaudissons dans leurs interprétations.

    A l’équipe visuelle des acteurs, je joins l’équipe technique qui travaille derrière le décor : Nathalie BORLEE (Eclairage et direction technique), Noémie VANHESTE(Collaboration scénographique), Fabian FINKELS   (Bande son) Fanny DONCKLES(Assistanat à la mise n scène et video) , Zoé SEVRIN ( Régie Mouvements), Camille FLAHAUX( Costumes), Melvin TAIDER Régie générale), Ambre CRISTOU ( Régie plateau) , Mélanie CHAUPRADE( Régie costumes) , Charlotte DUMONT (Production et Administration), Anna GIOLO Presse et Diffusion), Elise MAROT et Vanille PAULET Stagiaires)

    Bravo à tous que nous applaudissons pour leur travail respectif.

    Félicitations sincères à Christine DELMOTTE pour ses recherches, ses inventions, sa mise en scène, son travail avec les acteurs et sa scénographie des plus personnelles.

    PROPOS

    Peu de photos sur ce blog pour vous permettre de découvrir ces « Rhinocéros-acteurs » sur le plateau Jean Vilar.

    Les voilà en répétition.

     

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    Maquillés et habillés, c’est autre chose !

    RHINOCEROS/Eugène IONESCO

    Jusqu’au  07/10/17

    THEATRE  DES MARTYRS

    place des Martyrs  22 - 1000  Bruxelles

    Infos Réservation :  032 2 223 32 08

    Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci pour votre attention et votre présence aux programmes du blog.

    Avez-vous pris connaissance  du nouveau blog qu'on peut lire le dimanche ?

    Son nom : "Itinéraire d'un saltimbanque fou de théâtre "

    Rassurez-vous " Les Feux de la Rampe " continuent  les chemins des nombreux théâtres.

    Bonne soirée et à tout bientôt !

     Roger Simons

     

     

     

     


     

     

     

     

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